Les chefs religieux réunis mardi à la Maison druze Beyrouth. Photo ANI
Réunies mardi à Beyrouth pour un sommet spirituel à l’initiative du cheikh Akl de la communauté druze, le cheikh Sami Abi al-Mona, les plus hautes instances religieuses chrétiennes et musulmanes du Liban ont lancé un appel solennel à l’unité nationale face à l’escalade de l’agression israélienne, aux menaces pesant sur le pays, aux incertitudes régionales et aux conséquences humaines du conflit.
Au terme de cette rencontre islamo-chrétienne qui s'est tenue à la Maison druze à Beyrouth, les participants ont affirmé que toute agression visant une région du Liban constitue une atteinte à l’ensemble du territoire et à tous les Libanais. Ils ont souligné que la défense du pays devait s’inscrire exclusivement dans le cadre de l’État, considéré comme le seul représentant légitime de tous les citoyens.
Dans leur communiqué final, les chefs religieux ont apporté leur « soutien aux démarches entreprises par les autorités libanaises pour parvenir à un cessez-le-feu global, préserver la souveraineté du pays et obtenir le retrait des forces israéliennes des territoires libanais ». Ils ont également insisté sur « la nécessité de préserver le Liban des répercussions des conflits régionaux et internationaux », tout en maintenant « son ancrage arabe et son rôle de modèle de coexistence ».
Les participants ont appelé les pays arabes, les États amis et les organisations internationales à renforcer leur soutien au Liban, notamment en faveur des populations déplacées et des régions touchées par les destructions, ainsi que pour les futurs efforts de reconstruction.
Au cours des débats, les intervenants ont mis en garde contre les risques de divisions internes. Ils ont réaffirmé leur attachement à la coexistence entre les différentes communautés du pays, au respect des institutions, au dialogue national et au rôle de l’armée libanaise comme garante de la souveraineté et de l’unité du territoire. Le patriarche maronite Béchara Raï a souligné « la nécessité de faire prévaloir l'esprit du dialogue national et de s'attacher à l'édification d'un État fort au Liban, qui exerce son autorité sur l'ensemble du territoire ». Ce sommet « reflète la véritable fraternité de l’image éclatante du Liban, ainsi que l’importance de son rôle et de sa mission pour l’Orient et pour l’Occident », a-t-il ajouté.
Le mufti de la République, le cheikh Abdellatif Deriane, plus haute instance sunnite du pays, a qualifié la rencontre de « sommet de l'espoir et de l'optimisme en temps de défis, de tempêtes et de catastrophes », appelant « à l'unité et la solidarité pour préserver la paix civile et la coexistence, afin de pouvoir faire face à cette agression brutale contre notre peuple. » « En tant que références musulmanes et chrétiennes, nous appelons à nous attacher à un État fort et juste, qui est indispensable, car l’alternative serait le chaos et la guerre interne, ce que nous ne souhaitons pas. Nous appelons également au ralliement à nos institutions et à soutenir et approuver les positions du président de la République, du président du Parlement et du Premier ministre, dans l’intérêt du Liban et des Libanais. », a-t-il encore observé.
Le vice-président du Conseil supérieur islamique chiite, le cheikh Ali al-Khatib, a réaffirmé son soutien au projet d'un État fort, juste et souverain, garant de l'égalité entre tous les citoyens. « Nous sommes avec le projet d’un État fort qui protège ses frontières et ses citoyens et préserve la souveraineté et l’indépendance du pays, en mobilisant tous les moyens dont il dispose. Nous sommes avec le projet d’un État juste, un État de la citoyenneté qui ne fait pas de distinction entre ses citoyens, où nul n’a de privilège sur un autre si ce n’est par son degré de loyauté envers la patrie. Un État qui respecte les confessions sans que l’une ne s’impose à l’autre, et qui rejette le confessionnalisme, un État qui applique pleinement l’accord de Taëf dans toutes ses dispositions sans en sélectionner certaines et en abandonner d’autres. », a-t-il noté. Le religieux chiite a toutefois mis en garde contre le danger auquel est confronté le Liban. « Notre pays, dans l’ensemble de son territoire et de ses composantes, est en grand danger si la situation n’est pas maîtrisée à tous les niveaux officiels et populaires, afin de sauver le Liban que nous avons choisi comme patrie pour tous ses fils. Que personne ne pense être à l’abri du projet sioniste visant, depuis la création de cet entité, à l’expansion, au contrôle et à la domination de cette région. »
Pour sa part, le cheikh Akl druze Sami Abi al-Mona a expliqué que la tenue du sommet spirituel répondait à un devoir moral et national face aux dangers qui menacent le Liban. « Nous sommes réunis ensemble en tant que chefs spirituels pour tenir ce sommet par sens du devoir moral, spirituel et national, afin d’affirmer la solidarité face aux dangers, de renforcer l’unité nationale, préserver la paix civile, sauvegarder les fondements sociaux et nationaux sur lesquels repose la patrie, et de veiller au respect des principes du Pacte national, qui incarne la diversité et la complémentarité de la société libanaise. Notre but est d’adresser un message unifié de soutien à l’État et de renforcer ses efforts dans sa mission visant à surmonter l’épreuve, sauver le pays et construire les institutions. », a-t-il souligné.
Le cheikh druze a ajouté que le rôle des autorités religieuses est « de favoriser le dialogue, le rapprochement et la cohésion entre les citoyens, plutôt que de s’engager dans les rivalités politiques ». Il a condamné les attaques israéliennes contre le Liban et soutenu les efforts de l’État visant à mettre fin à la guerre, restaurer la souveraineté nationale et permettre le retour des déplacés. Il a enfin réaffirmé son attachement au modèle libanais fondé sur le pluralisme, le vivre-ensemble et le partenariat entre les communautés, estimant que l’unité nationale demeure la meilleure protection du pays.


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