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Société - guerre au liban 2026

Au Liban, le purgatoire des migrants sans sépulture

Corps abandonnés dans les morgues, cimetières onéreux et consulats qui ne payent pas le rapatriement des dépouilles mortelles… Seule la solidarité offre une sépulture digne aux migrants tués au Liban.

Au Liban, le purgatoire des migrants sans sépulture

Bakri prie le 26 mai 2026 dans le cimetière de Chehime, dans le Chouf, où reposent plusieurs membres de la communauté soudanaise du Liban. Photo Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour

Une petite femme courbée sur son balai nettoie les dalles grises à grande eau. Elle a beau frotter, l’odeur de mort demeure et donne la nausée. Taysir Jaber, employé de la morgue de l’hôpital Rafic Hariri, maugrée en enjambant la flaque d’eau pour aller ouvrir le tiroir mortuaire à la demande de Tima Ahmad. « Elle est éthiopienne ? », demande l’échalas au regard vide. Sans attendre la réponse, il tire un corps enveloppé dans un sac blanc et ouvre la fermeture éclair. Apparaît un visage tuméfié, de la poussière encore accrochée à ses beaux cheveux tressés. « J’ai des photos aussi », précise-t-il pour se rendre utile. La jeune Éthiopienne ferme les yeux et demande de refermer le sac. Sur son téléphone, elle regarde la carte d’identité de sa compatriote. Le cadavre lui ressemble, mais elle doit en avoir le cœur net. Elle insiste auprès de...
Une petite femme courbée sur son balai nettoie les dalles grises à grande eau. Elle a beau frotter, l’odeur de mort demeure et donne la nausée. Taysir Jaber, employé de la morgue de l’hôpital Rafic Hariri, maugrée en enjambant la flaque d’eau pour aller ouvrir le tiroir mortuaire à la demande de Tima Ahmad. « Elle est éthiopienne ? », demande l’échalas au regard vide. Sans attendre la réponse, il tire un corps enveloppé dans un sac blanc et ouvre la fermeture éclair. Apparaît un visage tuméfié, de la poussière encore accrochée à ses beaux cheveux tressés. « J’ai des photos aussi », précise-t-il pour se rendre utile. La jeune Éthiopienne ferme les yeux et demande de refermer le sac. Sur son téléphone, elle regarde la carte d’identité de sa compatriote. Le cadavre lui ressemble, mais elle doit en...
commentaires (5)

Un grand merci pour cet article

Eddé Dominique 4037

16 h 01, le 07 juin 2026

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Commentaires (5)

  • Un grand merci pour cet article

    Eddé Dominique 4037

    16 h 01, le 07 juin 2026

  • Merci pour cet article courageux , qui dévoile le côté obscur de la société libanaise, celle que l'on ne veut pas regarder en face. Racisme et ségrégation jusque dans les cimetières! Aujourd'hui, j'ai honte d'être Libanais.

    otayek rene

    17 h 29, le 04 juin 2026

  • Je note le peu de commentaires à cet article poignant et qui interpelle votre humanité! On demeure bouche bée devant l’énormité de ce drame humain qui nous montre que les animaux de compagnie auraient plus d’importance que ces personnes: de l’esclavagisme moderne flagrant et institutionnalisé de longue date au Liban sans aucun état d’âme! J’avais honte d’être Libanais il y’a quelques jours suite au visionnement d’un long reportage sur la CBC au Canada dénonçant la situation inhumaine de ces travailleurs étrangers au Liban… La guerre ou autre drame social ne justifient en rien ces comportements

    Saliba Nouhad

    16 h 35, le 04 juin 2026

  • Quelle tristesse ! Racisme de leur vivant et racisme après leur mort......

    Carla Jabre

    03 h 40, le 04 juin 2026

  • Poignant, c'est là que l'on rêve que "Dieu reconnaîtra les siens".

    Avette

    00 h 06, le 04 juin 2026

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