Un homme brandit un drapeau iranien près d'un panneau d'affichage anti-américain représentant le président américain Donald Trump et le détroit d'Ormuz, à Téhéran, en Iran, le 30 mai 2026. Photo Majid Asgaripour/WANA (Agence de presse Asie occidentale) via Reuters
Les États-Unis ont affirmé samedi qu'ils avaient les moyens de repartir en guerre contre l'Iran, après avoir assuré qu'un accord de paix ne sera possible que si leurs « lignes rouges sont satisfaites ».
L'incertitude règne quant à l'issue des discussions entre Téhéran et Washington, après les affrontements les plus graves cette semaine depuis l'entrée en vigueur de la trêve le 8 avril.
Des sources à Washington avaient évoqué jeudi un cadre d'accord prévoyant une extension de 60 jours du cessez-le-feu, et une réunion de deux heures vendredi à la Maison-Blanche, consacrée à ce sujet, n'a débouché sur aucune annonce dans l'immédiat.
« L'Iran doit accepter qu'ils n'auront jamais d'arme nucléaire. Le détroit d'Ormuz doit être ouvert immédiatement » et Téhéran doit s'engager à le déminer, a énuméré avant cette réunion le président Donald Trump sur son réseau Truth Social.
Il a également demandé, tout en lettres capitales, à ce que le stock d'uranium hautement enrichi de l'Iran soit « DETRUIT ».
Hegseth prêt à reprendre le combat
Dans la soirée, un responsable de la Maison-Blanche a affirmé à l'AFP que « le président Trump ne signera un accord que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites ». « L'Iran ne peut pas avoir d'arme nucléaire », a répété ce responsable.
« Les échanges se poursuivent mais aucun accord final n'a encore été conclu », avait affirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Esmaïl Baghaï, en réaction aux propos de M. Trump.
Il a par ailleurs démenti toute discussion à ce stade sur la question nucléaire et a défendu « la situation spéciale » du détroit stratégique d'Ormuz, en raison de sa localisation géographique dans les eaux territoriales de l'Iran et d'Oman.
À Téhéran, les habitants suivent désabusés ces tractations diplomatiques. « Les deux camps tiennent des propos destinés à satisfaire leurs partisans. Il est difficile de savoir qui dit la vérité », commente Ali, un Iranien de 49 ans originaire de Tonekabon, sur la mer Caspienne.
Dans ce contexte, le ministre américain de la Défense Pete Hegseth a affirmé que les États-Unis étaient « tout à fait capables » de reprendre les hostilités contre l'Iran « si nécessaire ».
« Nos stocks sont largement adaptés à cet objectif, tant sur place que dans le reste du monde, compte tenu de la manière dont nous équilibrons des munitions de haute technologie et d'autres produites en plus grande quantité », a-t-il déclaré pendant le Dialogue de Shangri-La, un forum sur la défense à Singapour.
Inquiétude du FMI
La guerre, déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine contre l'Iran, a fait des milliers de morts, et ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.
Le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz s'est accéléré ces derniers jours, mais « cela ne signifie pas un retour à la situation d'avant-guerre », selon la télévision d'Etat iranienne, l'accès restant d'après elle interdit aux navires des pays « hostiles ».
La guerre a fait des milliers de morts, et ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole. Plusieurs organisations internationales, dont le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM), ont par ailleurs alerté vendredi sur un risque de pénurie de pétrole cet été si le trafic maritime via le détroit d'Ormuz ne revient pas rapidement à la normale.

