Le Premier ministre Nawaf Salam au Grand Sérail aux côtés du ministre des Finances Yassine Jaber, des ambassadeurs de France, du Danemark et de l’Union européenne au Liban, ainsi que du directeur général par intérim pour la région MENA à la Commission européenne, le 19 mai 2026. Photo Ani
L’Union européenne, le Danemark et la France ont accordé une enveloppe de 32 millions d’euros (environ 37 millions de dollars) au gouvernement libanais afin de soutenir les régions touchées par le conflit entre le Hezbollah et l’armée israélienne au Liban-Sud et dans la Békaa.
Prévu sur quatre ans (2026-2029), ce programme vise à appuyer les efforts de redressement dans les zones les plus affectées par les répercussions du conflit, notamment à travers le renforcement des capacités des autorités locales, le soutien à l’agriculture durable, aux petites et moyennes entreprises, ainsi qu’à la création d’emplois, selon un communiqué de l’Union européenne.
« Le Liban a besoin d’un arrêt des hostilités et d’un retour à une paix durable, et non de trêves fragiles qui ne permettent pas d’assurer une stabilité pérenne », a déclaré le ministre libanais des Finances Yassine Jaber, au cours d’une cérémonie organisée au Grand Sérail, en présence notamment du Premier ministre Nawaf Salam, du directeur général pour la région MENA à la Commission européenne, Michael Karnitschnig, de l’ambassadrice de l’UE Sandra De Waele, ainsi que des ambassadeurs de France et du Danemark, Hervé Magro et Kristoffer Vivike.
Remerciant l’UE, la France et le Danemark pour ce don « généreux (…) destiné à soutenir les régions touchées par la guerre, les petites et moyennes entreprises et la gouvernance locale », M. Jaber a souligné que ce soutien intervenait « à un moment critique pour le Liban », alors que le pays fait face à « des hostilités renouvelées, des destructions massives et d’importants déplacements de population ». Il a estimé que les défis actuels exigent « plus qu’une aide traditionnelle » et nécessitent « de la flexibilité, de la rapidité et un véritable partenariat ». Le ministre a également insisté sur la nécessité d’un « soutien fort, coordonné et flexible afin de préserver la cohésion sociale, répondre aux besoins humanitaires urgents et poser les bases d’une reprise crédible et d’une croissance inclusive ».
Le financement comprend une subvention de l’Union européenne de 24,8 millions d’euros, un cofinancement danois d’environ 5,35 millions d’euros, ainsi qu’une contribution de 2 millions d’euros de l’Agence française de développement.
Selon le communiqué européen, le programme avait initialement été conçu après le cessez-le-feu de novembre 2024, avant d’être adapté au contexte actuel afin de soutenir les institutions nationales dans leur préparation au redressement, tout en répondant aux besoins urgents sur le terrain. « Dès que les conditions le permettront, le programme soutiendra la reprise à long terme en renforçant les capacités des autorités locales, en aidant les institutions à reprendre leurs activités, en soutenant l’agriculture durable et en créant des opportunités d’emploi pour les populations les plus vulnérables », précise le texte.
Michael Karnitschnig a déclaré que Bruxelles « se tient aux côtés du Liban, en apportant une aide humanitaire et un soutien concret à la reprise économique ». Il a ajouté que l’UE était prête à mobiliser des fonds supplémentaires pour restaurer les moyens de subsistance et rétablir la confiance dans l’économie libanaise, tout en soulignant l’urgence de mettre en œuvre des réformes structurelles. Il a estimé qu’« un véritable redressement nécessite une coopération étroite entre les secteurs public et privé ».
Pour sa part, l'ambassadeur du Danemark Kristoffer Vivike a jugé que ce projet pourrait devenir « un modèle important pour les futurs efforts de redressement et de stabilité », tandis que l'ambassadeur de France Hervé Magro a souligné que « la France a toujours choisi de se tenir aux côtés du Liban sur le long terme », estimant que la relance du Liban-Sud et de la Békaa passe aussi par la revitalisation des économies locales et la création d’opportunités concrètes pour les communautés touchées.
Fin avril, l’Union européenne avait déjà accordé un financement de 45 millions d’euros au ministère libanais des Affaires sociales.


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