Le président de l'Association des banques au Liban Salim Sfeir à Baabda le 14 mai 2026. Photo diffusée sur le compte X de la présidence
Une délégation de l’Association des banques du Liban (ABL) s’est rendue à Baabda jeudi pour plaider auprès du président Joseph Aoun « la nécessité d’une coopération entre (elle), les ministères concernés, et la Banque du Liban (BDL) afin de traiter la crise bancaire et réorganiser le fonctionnement financier et bancaire ».
« Nous nous sommes réjouis de la confirmation par le président de la République que le traitement de la crise bancaire constitue une responsabilité nationale commune qu’aucune partie ne peut assumer seule, ce qui nécessite un partenariat complet entre l’État, le secteur bancaire et l’ensemble des parties concernées », a déclaré le président de l’ABL, Salim Sfeir, lors d’un point presse qui a suivi la réunion.
Le gouvernement a approuvé, le 30 avril, un projet de loi amendant la loi de résolution bancaire adoptée en 2025 par le Parlement et dont les modifications introduites sont conformes aux attentes du Fonds monétaire international (FMI), auprès duquel le Liban tente de souscrire à un programme d’assistance subordonné à la mise en œuvre de réformes. Lors du Conseil des ministres consacré à l'examen des amendements, le gouverneur de la BDL a émis plusieurs réserves sur les modificatons apportées.
Depuis les premiers mois de la crise financière qui a éclaté en 2019, l’Association des banques du Liban est en profond désaccord avec le FMI sur l’approche à adopter pour répartir les pertes financières du pays et la charge de la restitution des dépôts.
Le FMI juge indispensable que tout processus respecte les standards internationaux en matière de hiérarchie des responsabilités et rejette toute mesure qui préserverait le capital des banques au détriment des droits des déposants. Les banques soutiennent, elles, depuis 2019 que la crise est systémique et estiment que l’État — donc les contribuables — devraient être les premiers à régler l’ardoise, entre autres points de désaccords.
Le point de vue de l’ABL ne reflète pas celui de l’ensemble des banques opérant au Liban.
Le président de l'ABL a également réaffirmé le « soutien total » de l’Association des banques du Liban au président Aoun dans cette « phase délicate », ainsi que son appui aux décisions prises par le chef de l’État et le gouvernement afin de « restaurer la souveraineté », « renforcer l’autorité de l’État » et assurer « le respect et l’application des lois ». Le Liban, qui traverse une grave crise financière depuis 2019, subit aussi les conséquences de la guerre entre le Hezbollah et Israël qui a repris le 2 mars dernier après un cessez-le-feu imparfait de plus d'un an. Le Liban et Israël se sont rencontrés jeudi pour une session de négociations directes à Washington.


