Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, lors d'une conférence de presse à Téhéran, le 18 janvier 2026. Photo ATTA KENARE / AFP
L'Iran a mis en doute samedi le sérieux de la diplomatie américaine dans les tractations en cours pour trouver une issue au conflit au Moyen-Orient, sans toutefois communiquer sur sa réponse à la dernière proposition de Washington.
Un mois après l'entrée en vigueur d'une trêve, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a fait part de ce scepticisme lors d'un entretien téléphonique avec son homologue turc, Hakan Fidan, au lendemain de nouveaux accrochages dans les eaux du Golfe. « L'escalade récente des tensions par les forces américaines et leurs multiples violations du cessez-le-feu renforcent les soupçons sur la motivation et le sérieux de la partie américaine sur la voie de la diplomatie », a affirmé M. Araghchi, cité par l'agence iranienne Isna.
A Washington, le président Donald Trump avait pour sa part dit vendredi attendre dans la soirée une réponse des Iraniens à une proposition visant à mettre durablement fin aux hostilités. « Je devrais recevoir une lettre ce soir, donc on verra bien comment ça se passe », avait-il assuré à des journalistes. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, cité par la télévision d'Etat, avait lui indiqué que l'Iran étudiait toujours la proposition américaine.
Accrochages en mer
Depuis le début de la guerre le 28 février, déclenchée par une attaque israélo-américaine contre l'Iran, Téhéran verrouille le stratégique détroit d'Ormuz, ce à quoi Washington a riposté en imposant le 13 avril un blocus des ports iraniens. L'armée américaine a annoncé vendredi avoir « neutralisé » par voie aérienne deux pétroliers iraniens dans le golfe d'Oman, porte d'entrée du détroit, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures. Si les navires ne transportaient pas de cargaison selon l'armée, les images diffusées par le commandement militaire américain pour la région (Centcom) montrent d'épaisses colonnes de fumée s'échappant des postes de pilotage.
Téhéran a dénoncé auprès de l'ONU une « violation flagrante » de la trêve. Et une source militaire citée par l'agence Tasnim a confirmé que les forces iraniennes avaient répliqué. « Après une période d'échanges de tirs, les affrontements ont cessé actuellement et le calme est revenu », a-t-elle stipulé. La guerre a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale. Le bras de fer entre Téhéran et Washington à Ormuz a fait flamber les cours du pétrole. Le baril de Brent de la mer du Nord a ainsi terminé la semaine une nouvelle fois au-dessus de 100 dollars.
Le Royaume-Uni a annoncé samedi qu'il allait « prépositionner au Moyen Orient » un destroyer actuellement en Méditerranée, en prévision du déploiement d'une future mission internationale de sécurisation du transport dans le détroit d'Ormuz, une initiative co-dirigée par la France. Selon des images satellites diffusées vendredi, une nappe de pétrole d'une cinquantaine de kilomètres carrés a été détectée dans le Golfe au large de l'île iranienne de Kharg, principal terminal pétrolier du pays par lequel transite en temps normal 90% du brut d'Iran. Selon l'Observatoire des conflits et de l'environnement, une ONG basée au Royaume-Uni, la nappe s'est toutefois « fortement réduite » samedi. « Il n'y aucune information officielle sur des fuites de pétrole près de l'île de Kharg », a assuré le dirigeant de la commission parlementaire iranienne sur l'énergie, cité samedi par l'agence Isna.


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