Le mot « paix » est peint sur un bateau participant à une flottille humanitaire, au moment de son départ pour Gaza depuis Barcelone, en Espagne, le 12 avril 2026. Photo d'archives Nacho Doce/ REUTERS
Les deux militants de la « flottille pour Gaza » toujours détenus par Israël ont à nouveau comparu mercredi devant la justice, cette fois pour contester la prolongation de leur incarcération.
Le Brésilien Thiago Avila et l'Espagnol Saïf Abu Keshek ont été arrêtés jeudi dernier à bord de leurs bateaux au large de la Grèce par l'armée israélienne, à des centaines de kilomètres de Gaza, une action « complètement illégale » selon l'Espagne. L'armée les a emmenés en Israël, disant les soupçonner des liens avec le Hamas, ce que les activistes contestent fermement.
La justice israélienne a pour l'heure validé la prolongation de leur détention jusqu'à dimanche malgré les protestations de l'Espagne, du Brésil et de l'ONU, qui a réclamé mercredi leur « libération immédiate ».
Devant la cour d'appel de Beersheba (sud), le cas de Saïf Abu Keshek, d'origine palestinienne, a été examiné en premier. Il est entré dans la salle d'audience les pieds entravés, vêtu d'une tenue de prisonnier de couleur marron, entouré de deux gardiens, selon une journaliste de l'AFP sur place. Le cas de Thiago Avila a ensuite été examiné, également en sa présence.
Les deux hommes sont en en grève de la faim depuis leur arrestation, selon l'ONG israélienne Adalah qui les représente.
L'ONG a dénoncé les « mauvais traitements » et « abus psychologiques » infligés selon elle à Saïf Abu Keshek et Thiago Avila en prison, évoquant des interrogatoires de huit heures, un éclairage puissant en cellule 24 heures sur 24, un isolement total et des déplacements systématiquement les yeux bandés, même durant les visites médicales. La flottille comptait au départ une cinquantaine de bateaux, avec pour objectif, selon ses organisateurs, de briser le blocus israélien du territoire palestinien dévasté par la guerre, où l'accès de l'aide humanitaire reste fortement restreint.
L'Espagne a soutenu qu'Israël n'avait fourni « aucune preuve » d'un quelconque lien de son ressortissant avec le Hamas palestinien, au pouvoir à Gaza. Le Brésil a de nouveau réclamé mardi la « libération immédiate » de des deux hommes, par la voix du président Lula.

