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Politique - Décryptage

L’enlisement, un mauvais scénario pour le Liban


En dépit des menaces quasi quotidiennes d’élargir le champ de la guerre qui se poursuit au Sud, le Liban officiel ne croit pas beaucoup à un tel scénario. Selon des sources proches du gouvernement, ces menaces font partie des pressions intenses exercées par les Américains, les Israéliens et leurs alliés pour pousser les autorités libanaises à agir contre le Hezbollah et pour faire monter la tension interne dans le pays. De nombreuses parties, dont certaines officielles, sont convaincues que la situation actuelle, qui peut être qualifiée de « ni guerre totale ni paix » ou de « conflit de basse intensité », convient mieux aux Israéliens et aux Américains que l’éclatement d’un affrontement plus général. Les Israéliens profitent en effet de cette situation pour détruire totalement une bonne partie du Sud, selon leur plan visant à écarter toute possibilité de retour des habitants dans leurs localités, sans avoir à rendre des comptes et en limitant leurs pertes.

De leur côté, les Américains peuvent, par ce biais, augmenter les pressions exercées sur les autorités libanaises pour les pousser vers des négociations directes avec les Israéliens, voire pour organiser la fameuse rencontre entre le président libanais et le Premier ministre israélien, tout en affirmant que c’est grâce à eux que les Israéliens n’élargissent pas le champ de la confrontation à Beyrouth et dans d’autres régions jusque-là relativement épargnées.

Pour une partie des Libanais, cela pourrait paraître comme un scénario idéal, la confrontation restant limitée à certaines régions, mais pour le Liban officiel, c’est le pire des scénarios. En effet, l’État libanais, qui est en charge de la situation sur l’ensemble de son territoire, ne peut pas fermer les yeux sur ce qui se passe au Sud, ni sur ses conséquences sur le reste du pays. Selon les sources proches du gouvernement, l’affrontement « limité » n’a pas seulement un impact sur l’ensemble du pays, il met aussi l’État face à ses responsabilités. Si le conflit est général, la priorité devient d’y mettre un terme, à n’importe quel prix. Mais s’il est limité, chaque partie cherchera à améliorer ses conditions et c’est l’État qui sera tiraillé entre les conditions de ceux qui sont sur le terrain et celles de la partie adverse. Ce qui rend la mission qui lui est confiée très difficile, si ce n’est impossible. C’est un peu ce qui s’est passé lorsque le gouvernement a pris des décisions contre les activités militaires du Hezbollah sans parvenir à les concrétiser sur le terrain.

C’est d’ailleurs ce qui fait que cette situation trompeuse de « ni guerre ni paix » s’accompagne d’un véritable pourrissement interne, dont l’État et ses institutions sont les premiers à payer le prix. En effet, pour plus d’une raison, le reste du Liban ne peut pas faire semblant de ne pas être affecté par la guerre qui se déroule au Sud. Il y a ainsi les déplacés et la pression que leur présence exerce dans toutes les autres régions du pays. Selon des statistiques récentes, il y aurait près d’un million trois cent mille déplacés du Sud et de la banlieue sud de Beyrouth. Certains sont logés par leurs propres moyens (ou grâce aux aides du Hezbollah), mais de nombreux autres dépendent des aides du gouvernement et des associations locales ou internationales. Pour un petit pays comme le Liban, à l’économie déjà en crise, c’est un poids énorme. L’impact des déplacés n’est pas seulement économique ou social, il a une dimension confessionnelle et communautaire qui place la société au bord de l’implosion. Les frictions sont nombreuses entre les déplacés et leur environnement provisoire, et les autorités déploient d’immenses efforts pour les circonscrire et les empêcher de s’étendre. Le Liban est ainsi au bord de l’éclatement, au moment où il aurait pourtant le plus besoin de l’unité nationale et du resserrement des rangs internes. Les sources proches du gouvernement précisent à cet égard que c’est peut-être là un des objectifs des Israéliens : faire monter la tension interne contre le Hezbollah et pousser à une confrontation entre cette formation et l’armée, ou face à d’autres forces internes, qui leur permettrait d’achever ensuite le travail en éliminant complètement cette structure et ses combattants.

De même, la situation régionale n’est pas plus encourageante. Le maintien du blocus dans le détroit d’Ormuz et la tension montante entre les différents protagonistes, notamment l’Iran et les États du Golfe, ne sont pas non plus en faveur du Liban, qui subit là aussi l’impact de ce conflit qui s’éternise. Le Liban officiel, en dépit de toutes ses décisions, ne parvient pas à se débarrasser de l’influence iranienne sur le Hezbollah et son environnement populaire, et cela remet en cause le soutien que pourraient lui apporter les États du Golfe.

Pour toutes ces raisons, la prolongation de la situation actuelle, tant sur le plan interne que régional, est terrible pour le Liban, au niveau officiel et populaire. Les responsables ne peuvent pas aller de l’avant en raison des divisions internes et ils ne sont pas non plus en mesure d’arrêter la guerre au Sud, ni d’alléger son impact à l’intérieur. De plus, le fait que, sur le plan régional, le conflit semble aussi s’enliser, n’est pas non plus un signe encourageant pour lui, puisque bon gré mal gré, les dossiers restent liés. Est-ce à dire qu’une guerre violente mais rapide pourrait être une meilleure solution ? Pour le Liban, le mieux serait la conclusion d’un accord régional global qui faciliterait un accord sur le dossier libanais. Mais pour l’instant, c’est encore l’enlisement.

En dépit des menaces quasi quotidiennes d’élargir le champ de la guerre qui se poursuit au Sud, le Liban officiel ne croit pas beaucoup à un tel scénario. Selon des sources proches du gouvernement, ces menaces font partie des pressions intenses exercées par les Américains, les Israéliens et leurs alliés pour pousser les autorités libanaises à agir contre le Hezbollah et pour faire monter la tension interne dans le pays. De nombreuses parties, dont certaines officielles, sont convaincues que la situation actuelle, qui peut être qualifiée de « ni guerre totale ni paix » ou de « conflit de basse intensité », convient mieux aux Israéliens et aux Américains que l’éclatement d’un affrontement plus général. Les Israéliens profitent en effet de cette situation pour détruire totalement une bonne partie du Sud, selon...
commentaires (3)

tourner en rond semble - non, EST la seule chose qu'experts analystes et autres journalistes savent ecrire, dire ET penser. Alors que meme les + extremistes pro milice iranienne confirment malgre eux/elles la seule,unique verite, celle qui veut que cette milice est hors la loi depuis sa creation meme, que tout ce dont le Liban a souffert depuis n'en est que la resultante....PARTICULIEREMENT les guerres israeliennes meurtrieres . ces experts etc... ont reussi -je l'avoue- a extorquer cette verite du conscient libanais officiel& meme citoyen, CE FUT EN FAIT leur SEULE VICTOIRE...

L’acidulé

09 h 57, le 06 mai 2026

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Commentaires (3)

  • tourner en rond semble - non, EST la seule chose qu'experts analystes et autres journalistes savent ecrire, dire ET penser. Alors que meme les + extremistes pro milice iranienne confirment malgre eux/elles la seule,unique verite, celle qui veut que cette milice est hors la loi depuis sa creation meme, que tout ce dont le Liban a souffert depuis n'en est que la resultante....PARTICULIEREMENT les guerres israeliennes meurtrieres . ces experts etc... ont reussi -je l'avoue- a extorquer cette verite du conscient libanais officiel& meme citoyen, CE FUT EN FAIT leur SEULE VICTOIRE...

    L’acidulé

    09 h 57, le 06 mai 2026

  • On est enlisés depuis 20 ans.

    Moi

    09 h 22, le 06 mai 2026

  • Et si l’accord régional ne résoud pas vraiment le problème des armes des vendus, on fait quoi ? On reviendrait au point de départ, et aux stupides victoires divines d’une “résistance” qui ne résiste pas mais qui attaque elle-même bien plus fort qu’elle ! Il faut trancher maintenant que le prix a déjà été payé , le pays est ruiné, le sud rasé et la milice honteusement battue, même si toujours aussi bavarde. Il faut profiter de la conjoncture et ne plus tout attendre des autres. Le Président a dit qu’il est temps que l’armée fasse son travail, et il a bien raison, alors yalla !

    NG

    06 h 49, le 06 mai 2026

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