Cette capture d’écran, tirée d’un enregistrement vidéo du site MarineTraffic daté du 21 avril 2026, montre une visualisation des données du trafic maritime dans le Golfe, le détroit d’Hormuz et le golfe d’Oman, couvrant la période du 18 au 20 avril, dans le contexte d’une trêve fragile entre les États-Unis et l’Iran. Photo AFP
Alors que le blocus naval américain dans le détroit d’Ormuz resserre son étau sur le commerce pétrolier iranien, Téhéran a déjà commencé à réduire sa production manière proactive pour mitiger les effets de la réduction des exportations et la saturation des capacité de stockage, selon un haut responsable iranien contacté par le site de Bloomberg.
« Nous avons suffisamment d’expertise et d’expérience », a déclaré Hamid Hosseini, porte-parole de l’Association iranienne des exportateurs de pétrole, de gaz et de produits pétrochimiques. « Nous ne sommes pas inquiets. »
Ces méthodes, développées au fil des guerres et des régimes de sanctions, ont été perfectionnées sous la première administration Trump, lorsque les États-Unis se sont retirés de l’accord sur le nucléaire iranien en 2018 et ont imposé des sanctions forçant Téhéran à réduire sa production. À plus long terme, ces restrictions n’ont pas empêché la reprise de la production les années suivantes. La production pétrolière iranienne reste proche de ses plus hauts niveaux récents, rappelle encore Bloomberg, avant de souligner une différence importante : le fait que le blocus empêche Téhéran de vendre discrètement son pétrole à Pékin bloque des dizaines de millions de barils en mer.
Les responsables iraniens admettent que la poursuite de la production ne peut durer indéfiniment. La question est de savoir si l’Iran peut supporter plus longtemps la pression économique américaine, notamment la hausse des prix du pétrole. Même dans ces conditions, le pays a déjà démontré sa capacité à rester présent sur le marché en maintenant des liens avec ses acheteurs, parfois même via des contacts unilatéraux comme l’envoi de vœux de fête, sans possibilité de réponse à cause des sanctions.
« Washington part du principe que l’Iran va rester passif et s’effondrer selon un calendrier prévisible », estime Brett Erickson, de Obsidian Risk Advisors. « C’est une mauvaise compréhension de la manière dont les régimes réagissent à une guerre économique prolongée : ils ne cèdent pas, ils s’adaptent. »
La réduction de la production comporte toutefois des risques : les gisements pétroliers nécessitent une pression stable, et des arrêts mal gérés peuvent causer des dommages durables. L’administration américaine parie sur ce scénario. L’économie iranienne est déjà fragilisée : sa monnaie a atteint un niveau historiquement bas face au dollar, et les dommages liés au conflit sur des secteurs comme l’acier ou les plastiques font grimper les prix, poussant le gouvernement à limiter certaines exportations non pétrolières.
Les autorités iraniennes affirment néanmoins pouvoir gérer la situation provisoirement. Le pays mise sur une « économie de résistance », visant à absorber la pression américaine plutôt qu’à rechercher une croissance classique. Selon le responsable iranien, la production a déjà commencé à baisser, sans précision sur son ampleur. Cela pourrait concerner jusqu’à 30 % des gisements, mais les risques seraient maîtrisables grâce aux techniques développées sous sanctions. « Nous savons quels puits utiliser pour éviter les dommages et redémarrer rapidement », a déclaré M. Hosseini, qui a toutefois contesté toute baisse de production.
La compagnie nationale pétrolière iranienne n’a pas répondu aux demandes de commentaires de Bloomberg.



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