Une religieuse à l’église du Saint-Sépulcre, lors de la cérémonie du Feu sacré, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 11 avril 2026. Photo d'archives Ammar Aouad/ REUTERS
Un homme de 36 ans soupçonné d'avoir violemment agressé une religieuse française à Jérusalem mardi a été arrêté, a indiqué mercredi la police israélienne, dans un contexte de violences croissantes contre les chrétiens de la part de juifs extrémistes.
Il « a été placé en garde à vue pour être interrogé [...] tous les mobiles possibles étant examinés », indique un communiqué de la police, qui a refusé de communiquer à l'AFP la nationalité du suspect. Le Consulat général de France à Jérusalem a « fermement » condamné cette agression, demandant à ce que son auteur « soit traduit en justice pour cet acte et que justice soit rendue ».
L'agression s'est produite mardi après-midi, près du lieu dit du tombeau de David, sur le mont Sion, adjacent à la Vieille Ville.
« Hostilité croissante contre la communauté chrétienne »
« La sœur [...] a senti quelqu'un qui arrivait derrière elle, et qui l'a projetée de toutes ses forces sur une pierre », a déclaré à l'AFP Olivier Poquillon, directeur de l'Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem (Ebaf), où la religieuse catholique, âgée de 48 ans, est chercheuse. « Alors que la sœur restait au sol, l'homme a commencé à la rouer de coups de pied », a ajouté ce père dominicain. « Un touriste israélien s'est interposé (...) par chance, le pire a été évité et la sœur n'a été que légèrement blessée mais elle reste très choquée », a-t-il précisé.
Une photo diffusée par la police israélienne montre la sœur en habit, visage flouté, portant une large trace violacée à la tempe. L'agression « s'inscrit dans un contexte d'actes antichrétiens devenu courant, avec des insultes, des crachats de la part d'extrémistes visant des religieux en habit au quotidien », avance une source diplomatique européenne. « Mais là on atteint un autre niveau ».
La Faculté de lettres et sciences humaines de l'Université hébraïque de Jérusalem a condamné une « agression violente » qui n'est pas « un incident isolé [mais] fait partie d'une tendance préoccupante d'hostilité croissante contre la communauté chrétienne et ses symboles ». Sur la vidéo de l'arrestation diffusée par la police, on entend un agent signaler en hébreu au suspect qu'il est soupçonné « d'agression ayant entraîné des blessures et motivée par un mobile nationaliste ».
« Nous condamnons fermement cette attaque abjecte », a déclaré le ministère des Affaires étrangères israélien sur X, assurant qu' « Israël demeure fermement engagé à protéger la liberté de religion et de culte pour toutes les confessions ». La police a indiqué vouloir demander au tribunal une prolongation de la garde à vue du suspect. « Nous suivrons avec attention la procédure judiciaire au civil comme au pénal », a précisé Olivier Poquillon.
Il y a une semaine, Israël avait nommé pour la première fois un envoyé spécial chargé du monde chrétien, après plusieurs incidents très médiatisés visant des lieux et figures religieux. Il y a un mois, la police israélienne avait empêché le patriarche latin de Jérusalem, Pierbattista Pizzaballa, d’accéder au Saint-Sépulcre pour célébrer la messe des Rameaux. Selon l’Église, il s’agissait d’une première en plusieurs siècles que des responsables religieux de ce rang soient empêchés d’accomplir ce rituel. Et quelques semaines plus tard, au Liban-Sud, un soldat de l'armée israélienne avait détruit à coups de masse une statue de Jésus dans le village libanais de Debel.



En regardant la vidéo de cette agression, ce qui m'a le plus choqué c'est le passant qui regarde sans intervenir ! Ça en dit long sur l'empathie de ce peuple.
07 h 43, le 05 mai 2026