Des policiers interpellent un manifestante lors d'un rassemblement de soutien organisé à Trafalgar Square par le collectif Defend Our Juries pour réclamer la levée de l’interdiction visant le mouvement Palestine Action, à Londres, au Royaume-Uni, le 11 avril 2026. Photo Jack Taylor/Reuters
Après avoir subi un revers en première instance, le gouvernement britannique a défendu mardi devant la cour d'appel à Londres l'interdiction du groupe Palestine Action, classé terroriste en 2025.
En février, la Haute Cour avait jugé « disproportionnée » l'interdiction de ce groupe propalestinien, qui a entrainé l'arrestation de milliers de ses supporters. La ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood avait immédiatement fait appel, estimant nécessaire de « conserver la capacité d'agir pour protéger la sécurité nationale ».
Palestine Action « répondait à la définition légale d'une organisation impliquée dans le terrorisme », a affirmé devant la cour d'appel James Eadie, avocat représentant le Home Office. Ce groupe « ne s'est pas livré à ce que l'on peut qualifier de simple désobéissance civile », a-t-il poursuivi. Au contraire, « les preuves montraient clairement » que ce groupe avait « un large éventail de cibles ».
L'avocat a affirmé qu'il y avait une « escalade » dans les actions de Palestine Action. « La frontière entre ce qui relève du terrorisme et ce qui n'en relève pas peut être très ténue », a également dit l'avocat. « La frontière entre la criminalité, parfois violente, et le terrorisme n'est pas très claire », a-t-il reconnu. James Eadie a aussi estimé que les conclusions de la Haute Cour, en première instance, étaient « exagérées et erronées ».
La Haute Cour avait jugé en février que la décision d'interdire ce groupe et de le classer terroriste s'était « traduite par une atteinte très substantielle aux droits à la liberté d'expression et à la réunion ». Le gouvernement du travailliste Keir Starmer avait interdit Palestine Action en juillet 2025, après des actes de vandalisme perpétrés par ses militants, notamment sur une base de l'armée de l'air.
En vertu de cette interdiction, toute expression de soutien à Palestine Action est passible d'une sanction allant jusqu'à six mois de prison. L'appartenance au groupe ou l'organisation d'événements de soutien peuvent quant à elles être punies de peines allant jusqu'à 14 ans d'emprisonnement. La décision de la cour d'appel est donc très attendue par les supporters de Palestine Action ayant été interpellés ou inculpés.
Le 11 avril encore, la police a arrêté plus de 500 manifestants rassemblés à Trafalgar Square à Londres pour demander la levée de l'interdiction de Palestine Action. Les manifestants arboraient la pancarte proscrite « Je m'oppose au génocide, je soutiens Palestine Action ». Le procès en appel doit se poursuivre jusqu'à jeudi.

