Des Afghans inspectent le toit endommagé d'une maison après une attaque de l'armée pakistanaise à Asadabad, dans la province de Kunar, le 28 avril 2026. Photo Aimal Zahir / AFP
Des dizaines de civils ont été tués ou blessés lundi dans des frappes qui ont touché l'est de l'Afghanistan, dont une université, a confirmé l'ONU mardi, le gouvernement afghan blâmant le Pakistan avec qui il est en conflit depuis des mois. La mission de l'ONU en Afghanistan (Unama), qui a un mandat pour documenter les attaques contre des civils, n'a pas précisé à ce stade le décompte exact entre morts et blessés. « Selon le droit international humanitaire, les civils et les infrastructures civiles dont les établissements d'éducation, doivent être protégées en toutes circonstances », a rappelé l'Unama sur X.
Le gouvernement afghan avait fait état lundi de sept civils tués et 85 blessés par des tirs d'obus et de roquettes des forces pakistanaises dans la province de Kunar, voisine du Pakistan, notamment dans la ville d'Asadabad. Le porte-parole du gouvernement, Hamdullah Fitrat, avait déploré que les attaques, en pleine après-midi, aient touché « des maisons civiles et l'université ». Le ministère pakistanais de l'Information a nié avoir frappé des zones d'habitation ou l'Université d'Asadabad, qualifiant les propos en ce sens de « mensonges éhontés ».
Lundi soir, un correspondant de l'AFP a pu voir une maison endommagée par des tirs d'obus et plusieurs blessés à l'hôpital provincial d'Asadabad. Mardi, des étudiants ont témoigné des événements de la veille, sans donner leur nom de famille pour des raisons de sécurité. « Le professeur était en train de faire son cours, c'était environ 14H30, et il y a eu un grand bruit ; nous nous sommes tous allongés par terre », a raconté Irfanullah, 20 ans, étudiant en psychologie à la faculté d'Education. « Chaque étudiant a essayé de se mettre à l'abri, mais les fenêtres se sont brisées et certains ont été blessés », a-t-il poursuivi.
Un autre étudiant du département de géographie, Ibadullah, 23 ans, a raconté avoir fui la salle de classe avec ses camarades en laissant les livres sur place. Plusieurs salles de la faculté d'éducation avaient des vitres brisées, a constaté un journaliste de l'AFP mardi, tandis que les panneaux solaires du toit ont été tordus par un impact. Islamabad accuse l'Afghanistan d'accueillir des combattants du mouvement des talibans pakistanais (TTP) qui ont revendiqué des attaques meurtrières au Pakistan, ce que les autorités talibanes afghanes démentent. Les violences se sont intensifiées à partir du 26 février, le Pakistan bombardant plusieurs fois Kaboul et les zones frontalières.

