Le président de la République Joseph Aoun à la sortie du Conseil des ministres du 16 février 2026, au palais de Baabda. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Le chef de l’État libanais, Joseph Aoun, a estimé lundi que les négociations directes avec Israël ne constituent pas une trahison, affirmant que « la trahison est commise par ceux qui entraînent leur pays dans la guerre pour servir des intérêts extérieurs », quelques heures après l'appel du chef du Hezbollah, Naïm Kassem, aux autorités libanaises à revenir sur leur décision, estimant qu’elle « plonge le Liban dans l’instabilité ».
Après s'être attiré les foudres des milieux de la formation pro-iranienne en prenant en main le dossier des négociations avec l’État hébreu, le président Aoun a répondu que « certains nous reprochent d’avoir décidé d’y recourir au motif de l’absence de consensus national », s’interrogeant : « lorsque vous avez choisi la guerre, avez-vous d’abord obtenu ce consensus ? », dans une allusion claire au parti-milice qui a entraîné le Liban de nouveau dans la guerre régionale après des tirs de roquettes contre Israël, lancés le 2 mars, pour « venger » le guide iranien Ali Khamenei, tué deux jours plus tôt, dans une offensive israélo-américaine contre l'Iran. Le président Aoun a été le premier à appeler à des négociations directes avec Israël, dès le début du conflit le 3 mars. Le deuxième contact direct entre le Liban et Israël depuis 1983, tenu le 23 avril au niveau de leurs ambassadeurs respectifs à Washington, a conduit à une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël, entré en vigueur le 17 avril pour une période initiale de dix jours.
En recevant une délégation d’habitants du Arkoub au Liban-Sud, région principalement constituée de villages sunnites, le chef de l’État a également dénoncé le fait que « les habitants du Sud continuent de payer le prix des guerres des autres sur notre territoire », évoquant notamment « les guerres menées en soutien à Gaza ou à l’Iran ». « Si la guerre était menée pour le Liban, nous l’aurions soutenue. Mais lorsqu’elle sert les intérêts d’autrui, je la rejette totalement », a-t-il tranché.
Aoun exclut tout accord « humiliant »
« Avant même le début des négociations - qui ont été entamées le 14 avril - certains ont commencé à lancer des critiques et des accusations de trahison, affirmant que nous nous rendions aux discussions en position de capitulation. À ceux-là, nous disons : attendez que les négociations commencent, puis jugez-en les résultats », a-t-il poursuivi. Assumant pleinement la « responsabilités de (s)es décisions », il a affirmé vouloir « conduire le Liban sur la voie du salut dans le respect des principes que j’ai affirmés », avec pour objectif de mettre fin à l’état de guerre avec Israël « à l’image de l’accord d’armistice », s’interrogeant : « cet accord était-il une humiliation ? », avant d’assurer qu’il n’acceptera pas « un accord humiliant ».
Le président a également indiqué que la partie américaine engagée dans la médiation avait été informée dès le départ que le cessez-le-feu constitue « une première étape indispensable à toute négociation ultérieure ». Il a assuré que cette position a été réitérée lors des réunions des 14 et 23 avril tenues au niveau des ambassadeurs : « Cela figure d’ailleurs clairement dans le communiqué publié par le département d’État américain à l’issue de la première réunion, dont nous avons confirmé le contenu, et dont le troisième paragraphe stipule qu’Israël ne mènera « aucune opération militaire offensive contre des objectifs libanais, y compris des cibles civiles, militaires ou relevant de l’État, sur le territoire libanais, par voie terrestre, maritime ou aérienne » », a-t-il précisé. L'ancien commandant en chef de l'armée a enfin insisté sur le fait qu’il s’agit là de la position officielle du Liban, tant sur le plan interne que dans le cadre des discussions à Washington, soulignant que « tout autre discours ne bénéficie d’aucune couverture officielle ».
En journée, M. Aoun s’est entretenu de la « situation sécuritaire » dans le pays avec les ministres de la Défense, Michel Menassa, de l’Intérieur et des Municipalités, Ahmad Hajjar, ainsi qu’avec le commandant en chef de l’armée, Rodolphe Haykal, selon un message publié sur X par la présidence libanaise. Au cours de sa rencontre avec M. Hajjar, il a souligné « l’importance d’appliquer la loi à tous et de mettre en œuvre les décisions récemment adoptées par le Conseil des ministres », selon l’agence al-Markaziya. Parmi ces dernières figure notamment celle « d'assurer le monopole des armes » à Beyrouth.
Dans la matinée, le chef du Hezbollah avait une nouvelle fois appelé les autorités libanaises à revenir sur leur décision de lancer des négociations directes avec Israël, estimant qu'elle « plonge le Liban dans un cycle d'instabilité », ainsi que sur celle de bannir l'aile militaire du parti chiite. Dans un communiqué lu sur la chaîne du Hezbollah al-Manar, le secrétaire général avait qualifié ces pourparlers de « concession gratuite, humiliante et sans nécessité, dont la seule justification est une soumission sans contrepartie. » Il avait réitéré son « rejet catégorique » des négociations directes et appelé à ce qu'elles soient menées de manière indirectes, accusant l'exécutif libanais de « renoncer aux droits du Liban, céder des territoires et affronter son propre peuple résistant. » Pour Naïm Kassem, les dirigeants libanais doivent donc revenir sur les « graves erreurs qui plongent le Liban dans un cycle d'instabilité », ce qui passe également par une annulation de la « décision du 2 mars qui criminalise la résistance et son public. »
Un député du Hezbollah s'en prend à Aoun
Ali Ammar, député du Hezbollah, a répondu avec véhémence au président de la République libanaise, Joseph Aoun, fustigeant un « pouvoir misérable » qui tenterait de « vendre le pays aux sionistes ». « La résistance restera le symbole de la dignité de la patrie ; quant aux soumis et aux traîtres, leur prosternation devant les envahisseurs ne leur accordera pas la moindre parcelle d’honneur national », a-t-il lancé, dans une rare prise de parole.
Sans mentionner directement les propos du président, le député a estimé dans un communiqué que « lancer des accusations contre toute une communauté et l’ériger en ennemi ne permettra pas à un pouvoir misérable de vendre le pays aux sionistes ». « Les membres de la résistance et les familles de leurs martyrs à travers le Liban incarnent le patriotisme. Ils n’ont besoin d’aucun certificat d’appartenance, car le sang de leurs fils lavera la honte d’un pouvoir qui jette l’humiliation et le déshonneur sur sa patrie », a-t-il ajouté.
« Il est déjà honteux que Netanyahu les ait rendus complices de chaque acte d’agression qu’il perpètre contre notre pays, et du sang de chaque enfant qu’il fait couler ces jours-ci dans le Sud », a-t-il encore déclaré.



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Si le HB était un atout pour le Liban, ça se saurait. Depuis le temps qu’il a usurpé notre pays par la terreur, le Liban s’est transformé en une plaque tournante de trafics de drogues et d’armes pour l’enrichir et venir en aide aux mollahs asphyxiés et rompus. Il n’a jamais rien fait de constructif pour notre pays. Il est toujours là à le traîner dans des guerees injustifiés pour justifier ses armes offertes pour le détruire. Assez de sottises. On en a ras le bol des propagandistes aveuglés par la haine,de ce qui est libanais.
12 h 39, le 29 avril 2026