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Dernières Infos - cessez le feu au liban 2026

Les pays de la région doivent être associés aux négociations sur le Liban, dit Macron

Le cessez-le-feu au Liban n'aurait « sans doute » pas été obtenu sans Paris, selon Barrot.

Les pays de la région doivent être associés aux négociations sur le Liban, dit Macron

Le président français Emmanuel Macron s’adresse aux élèves de l’école française de Nicosie le 23 avril 2026, avant une réunion en marge d’un sommet européen. Photo Jewel SAMAD / AFP

La France a multiplié, jeudi, les prises de position en faveur d’un règlement politique de la guerre au Liban, alors même que Paris est tenu à l’écart des discussions en cours à Washington entre Beyrouth et Tel-Aviv, menées au niveau des ambassadeurs. Dans le même temps, elle a acheminé à l’Aéroport international de Beyrouth (AIB) une cargaison de plus de neuf tonnes d’aide humanitaire, « en solidarité avec le peuple libanais ».

Depuis Nicosie, le président de la République, Emmanuel Macron, a plaidé jeudi pour que les négociations sur le Liban incluent « tous les pays de la région qui sont pertinents pour sa sécurité » afin d'aboutir à une « paix durable » dans ce pays. Il a affirmé que la priorité de la France était la prolongation du cessez-le-feu, qui doit expirer dimanche, ainsi que voir « bâtir les conditions d'une paix durable », comprenant le « respect de la souveraineté du Liban », son « intégrité territoriale » et le désarmement « durable » du Hezbollah. De son côté, le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a estimé sur France Info que, sans l’intervention de Paris, il n’y aurait « sans doute » pas eu de cessez-le-feu la semaine dernière. Le porte-parole adjoint du Quai d’Orsay, Glenn Salic, a pour sa part insisté sur le fait que la « seule voie » restait un « accord politique entre Israël et le Liban ».

Conférence de soutien au Liban

M. Macron a souligné que le Liban était « sous une très forte pression ». « Nous oeuvrons tous d’abord pour que le cessez-le-feu soit prolongé (c’est ce que nous défendons), pour que les négociations puissent se faire dans un cadre adapté, c'est-à-dire entre le Liban et Israël, et qu’elles puissent inclure tous les pays de la région qui sont pertinents pour la sécurité et stabilité du Liban dans la durée », a-t-il dit.

Le chef de l'État a également indiqué que la France se tenait « prête » à organiser une « conférence de soutien et de mobilisation de tous pour soutenir le Liban dans cet effort de reprise de souveraineté », deux jours après s’être entretenu à Paris avec le Premier ministre libanais Nawaf Salam. Cette conférence, qui se tiendra « au moment où le Liban jugera opportun », aura pour double objectif « d’aider l’armée libanaise ainsi qu’à la reconstruction du Sud-Liban ». « Nous soutenons un accord de partenariat de l'Union européenne avec le Liban dans ce contexte », a encore dit M. Macron. Une conférence internationale de soutien à l'armée libanaise devait se tenir à Paris le 5 mars, avant que le déclenchement de la guerre contre l'Iran le 28 février, et au Liban le 2 mars, ne provoque son report sine die.

Le président français a en outre remercié son homologue chypriote Nikos Christodoulides pour avoir invité vendredi le président de la République libanaise Joseph Aoun à Nicosie, en présence du prince héritier de Jordanie, Hussein ben Abdallah, et des présidents égyptien et syrien, Abdel Fattah al-Sissi et Ahmed el-Chareh.

Rôle de la France dans le cessez-le-feu

Le Quai d’Orsay a par ailleurs affirmé que la « seule voie » permettant de mettre fin à la guerre au Liban était un « accord politique » entre le pays du Cèdre et Israël. « La seule voie est celle d’un accord politique entre Israël et le Liban qui garantisse la sécurité des deux pays, l’intégrité territoriale du Liban et pose les jalons de la normalisation de leurs relations », a dit Glenn Salic, lors d’une conférence de presse publiée sur le compte X du Quai d’Orsay. Cela permettrait selon le Quai d’Orsay que « le Hezbollah cesse de viser Israël et prétendre se substituer à l’État (libanais) dans l’exercice de ses prérogatives et qu’Israël respecte la souveraineté territoriale du Liban ».

Pour sa part, chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a estimé sur France Info que sans Paris, il n'y aurait « sans doute » pas eu de cessez-le-feu instauré au Liban la semaine dernière. « Sans l'intervention de la France, il n'y aurait sans doute pas de cessez-le-feu aujourd'hui au Liban, et sans doute pas de discussions entre Israéliens et Libanais », a affirmé M. Barrot. Une nouvelle réunion doit se tenir jeudi soir au département d'État à Washington entre les ambassadeurs libanais et israélien, dans le cadre des préparations à des négociations entre les deux pays, les premières depuis plus de 40 ans. Beyrouth veut, au cours de cette réunion, réclamer une prolongation du cessez-le-feu, initialement décidé pour dix jours.

« La France a dit à Israël que le cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran devait couvrir le Liban, et c'est un fait, il couvre le Liban », s'est félicité Jean-Noël Barrot. La trêve est violée quotidiennement par des frappes israéliennes et des attaques du Hezbollah, tandis que l'armée israélienne occupe une large bande de territoire dans le sud du Liban, où elle établit de facto une zone tampon en procédant à de grandes destructions dans les villages concernés. Selon lui, la France a aussi « exprimé à Israël qu'il était illusoire de penser pouvoir désarmer le Hezbollah par l'usage exclusif de la force » et c'est ce qui aurait poussé Tel-Aviv à accepter des négociations « de haut niveau » avec Beyrouth, après des appels répétés en ce sens du président Joseph Aoun depuis le 2 mars.

« Nous nous sommes mobilisés à tous les niveaux. C'est le président de la République qui a informé le président Trump de la gravité des frappes massives qui ont ensanglanté le Liban » le 8 avril, a encore indiqué le chef de la diplomatie française, interrogé sur l'absence de la France aux côtés des États-Unis pour les négociations. La participation de la France a été rejetée par Tel-Aviv dès le début des discussions sur un processus diplomatique avec le Liban. En novembre 2024, Paris et Washington avaient parrainé le cessez-le-feu après 13 mois de guerre.

Aide humanitaire

Jeudi, la France a livré une cargaison d’un peu plus de 9 tonnes d’aide humanitaire « dans le cadre du soutien continu de la France aux autorités libanaises et en solidarité avec le peuple libanais », a écrit l'ambassade de France au Liban.

Cette aide humanitaire comprend des tentes, des kits de cuisine et des lampes solaires destinés aux populations déplacées par la guerre, selon l'ambassade. Ils seront distribués par le Haut-commissariat pour les réfugiés HCR et les ONG Amel et Première Urgence Internationale (PUI), en coordination avec le ministère des Affaires sociales. S’y ajoutent 75 kits de santé, donnés par l’association française Tulipe, contenant notamment des médicaments (expiration de 2027 à 2030) pour soutenir les équipes soignantes mobilisées sur le terrain, qui seront distribués en coordination avec le ministère de la Santé et PUI, poursuit l'ambassade.

Dans un contexte marqué par un cessez-le-feu fragile, et des destructions d'ampleur dans les zones directement touchées par le conflit au Liban, de nombreux déplacés n'ont pas durablement regagné leur foyer malgré la trêve. Les déplacés étaient estimés par les autorités libanaises à plus d'un million au plus fort de la guerre. La France avait effectué, deux semaines après le début du conflit, une livraison de 60 tonnes d’aide humanitaire à bord d’un avion-cargo appartenant à la Fondation CMA CGM, précisant pouvoir réitérer l’opération si le conflit venait à se prolonger.

La France a multiplié, jeudi, les prises de position en faveur d’un règlement politique de la guerre au Liban, alors même que Paris est tenu à l’écart des discussions en cours à Washington entre Beyrouth et Tel-Aviv, menées au niveau des ambassadeurs. Dans le même temps, elle a acheminé à l’Aéroport international de Beyrouth (AIB) une cargaison de plus de neuf tonnes d’aide humanitaire, « en solidarité avec le peuple libanais ».Depuis Nicosie, le président de la République, Emmanuel Macron, a plaidé jeudi pour que les négociations sur le Liban incluent « tous les pays de la région qui sont pertinents pour sa sécurité » afin d'aboutir à une « paix durable » dans ce pays. Il a affirmé que la priorité de la France était la prolongation du cessez-le-feu, qui doit expirer dimanche, ainsi que voir «...