Réunion sécuritaire présidée par Joseph Aoun à Baabda, le 22 avril 2026. Photo X / @LBPresidency
Le président libanais, Joseph Aoun, a appelé mercredi, lors d'une réunion sécuritaire, à ce que des « descentes » soient menées dans des lieux « abritant des dépôts d'armes », appelant à ce qu'aucune preuve de tolérance ne soit faite face aux « manifestations armées. »
Lors de sa réunion à Baabda, en présence des ministres de l'Intérieur, Ahmad Hajjar, de la Défense, Michel Menassa et des chefs de l'armée et des différents appareils sécuritaires, M. Aoun a insisté sur l'application « stricte » des mesures prises par le Conseil des ministres pour récupérer le monopole des armes aux mains de l'Etat, notamment à Beyrouth. Il a appelé dans ce cadre à augmenter les effectifs militaires et sécuritaires, que ce soit dans la capitale et les autres régions. Il a souligné l'importance que ces agents et militaires mènent « des descentes dans les lieux abritant des dépôts d’armes, sur la base d'informations parvenant aux services concernés. » « Aucune tolérance » ne doit être permise face aux « manifestations armées, quelle qu’en soit l’origine », a-t-il martelé. « Il n’est permis à quiconque d’entraver la mise en œuvre des mesures sécuritaires ni de porter atteinte à la stabilité, car la préservation de la paix civile à ce stade de l’histoire du Liban constitue une ligne rouge », a-t-il insisté.
Ces nouvelles déclarations du président Aoun concernant les armes interviennent alors que le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a appelé le Liban à « travailler ensemble » avec Tel-Aviv contre le Hezbollah, à la veille d'une nouvelle réunion prévue à Washington entre les ambassadeurs des deux pays, visant à notamment demander une extension de la période du cessez-le-feu. Une trêve de dix jours a été instaurée le 17 avril, après 46 jours d'affrontements entre le Hezbollah et l'Etat hébreu. Ce cessez-le-feu est mis à mal par les violations des deux belligérants, l'armée israélienne ayant mené plusieurs frappes contre le Liban-Sud, tandis que le parti-milice a revendiqué deux attaques contre des positions israéliennes, notamment des tirs de roquettes et de drones mardi sur le nord d'Israël.
Selon le texte publié vendredi par le département d'Etat concernant les termes de cette trêve, Israël se garde le droit d'agir au Liban en cas de « menace », tandis que le gouvernement libanais doit prendre des mesures concrètes pour désarmer le Hezbollah. L'exécutif avait déjà décidé début août de mener à bien ce désarmement et récupérer le monopole des armes. Le 2 mars, jour du déclenchement de la guerre au Liban, le gouvernement avait ensuite désigné les activités militaires du Hezbollah comme « illégales », sans toutefois prendre de mesures concrètes à cet égard, l'armée libanaise évoquant des missions entravées par les frappes israéliennes. Et le 9 avril, au lendemain du massacre israélien dans tout le Liban, jusqu'en plein cœur de Beyrouth, le gouvernement de Nawaf Salam avait pris la décision « d’étendre le contrôle de l’État » dans la capitale et d’y « assurer le monopole des armes ».
Outre ces appels à agir contre les armes aux mains de groupes non-étatiques, le président Joseph Aoun a salué les mesures prises par l’armée depuis le cessez-le-feu « pour rouvrir les routes, réparer les ponts et faciliter le retour des déplacés dans leurs villages ».

