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Dernières Infos - Répression

Madagascar : Amnesty International dénonce « arrestations arbitraires » et « climat de peur »


L'ONG Amnesty International a dénoncé vendredi les « arrestations arbitraires » et le « climat de peur » régnant à Madagascar, dirigé depuis octobre par le colonel Michaël Randrianirina, auteur d'une prise de pouvoir militaire. Investi « président de la Refondation », le nouvel homme fort s'est donné deux ans pour conduire une transition politique, après avoir renversé en octobre le président Andry Rajoelina à la faveur d'une contestation menée par la jeunesse ayant tourné à la crise politique.

« Les autorités à Madagascar doivent mettre fin immédiatement aux arrestations arbitraires », a déclaré le directeur régional d'Amnesty International pour l'Afrique de l'Est et l'Afrique australe, Tigere Chagutah. « Elles doivent également respecter, protéger et faciliter le droit de réunion lors des manifestations prévues le 18 avril », a-t-il averti. Plusieurs des collectifs de la galaxie Gen Z, qui se sont structurés au fil des manifestations de septembre et d'octobre contre les coupures d'eau et d'électricité ainsi que la corruption, ont appelé à manifester samedi.

La semaine dernière, quelques dizaines de personnes s'étaient rassemblées le 10 avril pour protester contre la lenteur des réformes institutionnelles et la lutte insuffisante contre la corruption. Dans les jours suivants, plusieurs activistes ont été arrêtés. La Gen Z 261, une des deux branches historiques du mouvement, a annoncé dimanche que sa « leader de lutte est portée disparue ». La police a confirmé des arrestations, notamment d'un « jeune membre de la Gen Z« , jeudi, sans préciser de motif.

Plus de 60 organisations de la société civile ont dit mardi constater un « recul inquiétant des engagements pris en faveur des droits civils et politiques », dans un communiqué commun. Le même jour, le Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM), la principale organisation de magistrats, a rediffusé « pour rappel » un texte appelant les autorités à garantir la « liberté de tous les citoyens ».

Le colonel Michaël Randrianirina, qui s'est rapproché de la Russie ces derniers mois, a accusé la semaine passée les manifestants de recevoir « de l'argent de certains politiciens » ainsi que des « financements de l'étranger ». Avant d'être reçu par le président russe Vladimir Poutine à Moscou, il avait accueilli un général du renseignement militaire russe (GRU), Andreï Averianov, qui est également le superviseur présumé de l'Africa Corps, l'organisation paramilitaire ayant succédé au groupe Wagner. Plusieurs livraisons d'armes par la Russie ont été publicisées par les autorités malgaches, dont des hélicoptères barrés d'un grand signe Z, symbole en Russie de l'invasion de l'Ukraine lancée début 2022.

En début de mois, le parquet malgache a lancé des poursuites contre 13 personnes pour leur implication présumée dans un complot visant à assassiner le chef d’État par intérim. Celui présenté comme le cerveau, le colonel Patrick Rakotomamonjy, a été arrêté jeudi après plusieurs semaines de cavale. Il occupait un poste de direction à la présidence jusqu'à son licenciement en janvier.

L'ONG Amnesty International a dénoncé vendredi les « arrestations arbitraires » et le « climat de peur » régnant à Madagascar, dirigé depuis octobre par le colonel Michaël Randrianirina, auteur d'une prise de pouvoir militaire. Investi « président de la Refondation », le nouvel homme fort s'est donné deux ans pour conduire une transition politique, après avoir renversé en octobre le président Andry Rajoelina à la faveur d'une contestation menée par la jeunesse ayant tourné à la crise politique.« Les autorités à Madagascar doivent mettre fin immédiatement aux arrestations arbitraires », a déclaré le directeur régional d'Amnesty International pour l'Afrique de l'Est et l'Afrique australe, Tigere Chagutah. « Elles doivent également respecter, protéger et faciliter le droit de...