Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir (centre). Photo d'archives AFP
La Cour suprême israélienne a entamé mercredi matin une audience consacrée à plusieurs recours demandant la destitution du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite accusé par les plaignants de porter atteinte à l'indépendance de la police. Cette affaire constitue le dernier exemple en date de l'escalade des tensions entre le pouvoir judiciaire et le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, l'un des plus à droite de l'histoire du pays. A l'ouverture de l'audience, le juge Yitzhak Amit, président de la Cour, a donné la parole à l'avocat représentant M. Netanyahu, qui a remis en question la légitimité de la Cour à juger de cette affaire. M. Amit a rétorqué que la Haute Cour avait à ce jour débattu à 16 reprises de la nomination ou du limogeage d'un ministre. Les recours, déposés par des particuliers et des ONG, demandent aux juges de contraindre M. Netanyahu à limoger M. Ben Gvir. On ne sait pas encore quand la décision de la Cour, qui sera contraignante, sera rendue.
M. Ben Gvir se voit notamment reprocher d'avoir favorisé des nominations partisanes au sein de la police et d'être intervenu dans des décisions opérationnelles et non de politique générale du ministère, ce que l'intéressé ne dément pas, bien au contraire. « Je ne suis pas un figurant. Je suis un ministre élu pour gouverner », a-t-il déclaré à la presse avant l'audience, soutenu par une centaine de sympathisants brandissant des pancartes dénonçant « la dictature judiciaire » ou s'en prenant personnellement à M. Amit ainsi qu'à la procureure générale de l'Etat, Gali Baharav-Miara.
Dans une lettre adressée à la Cour suprême, Mme Baharav-Miara a accusé M. Ben Gvir « d'abuser de sa fonction afin d'influencer de manière illégitime l'activité de la police israélienne dans les domaines les plus sensibles de l'application de la loi et des enquêtes ». Le débat à la Cour suprême « est contraire à la loi, et la décision des juges n'aura de toute façon aucune validité », a estimé le ministre de la Justice Yariv Levin, à l'origine d'un projet de loi de réforme de la justice visant à réduire considérablement les pouvoirs de la Cour suprême et ayant profondément divisé la société israélienne en 2023. Le gouvernement a suspendu ce projet avec la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas à partir de Gaza mais ne l'a pas abandonné.

