Des personnes brandissant des drapeaux palestiniens lors d’une action d'étudiants de plusieurs universités en soutien au peuple palestinien, à Paris, le 2 mai 2024. Stéphane de Sakutin/AFP
Des comités étudiants de soutien à la Palestine et des organisations étudiantes ont annoncé mardi "occuper" les locaux de Sorbonne-Université, Sciences Po Paris et CentraleSupélec, notamment pour réclamer le retrait de la proposition de loi Yadan visant à lutter contre les "formes renouvelées" d'antisémitisme. "Nous occupons actuellement et simultanément les campus de Sciences Po, de La Sorbonne et de CentraleSupélec pour revendiquer la rupture des partenariats de nos institutions avec les universités et entreprises complices du génocide à Gaza et de la colonisation en Palestine, le retrait de la proposition de loi Yadan et la fin de la répression du mouvement étudiant pro-Palestine", ont-ils écrit dans un communiqué de presse.
Jointe par téléphone, Cassandra, une militante de l'organisation étudiante de gauche le Poing levé a affirmé que "plusieurs centaines" d'étudiants étaient à l'intérieur de la Sorbonne, "dans la cour centrale" où ils ont "déployé dix tentes et des banderoles qui dénoncent la complicité" de l'université "avec le génocide en Palestine". Selon elle, la mobilisation, entamée à la mi-journée, se déroulait dans le calme. Un rassemblement, réunissant entre 60 et 100 personnes, a également lieu rue de la Sorbonne devant l'entrée de l'université, a constaté une journaliste de l'AFP.
Un autre étudiant, Omar - qui a demandé à ce qu'on change son prénom - a rapporté que les services de sécurité de l'établissement "filtraient énormément" les entrées. Cette action "s’inscrit dans la continuité de notre mobilisation depuis deux ans et demi" contre "la complicité de nos universités avec des universités israéliennes responsables de colonisation", a-t-il affirmé. Selon lui, ce "regain de mobilisation" est lié à la loi Yadan qui vise à censurer notre liberté académique". "En tant que chercheurs, on devrait pouvoir exprimer des opinions et des faits même si ça ne plait pas", a-t-il ajouté.
Sollicité, la direction de Sorbonne-Université n'a pas donné suite dans l'immédiat. Sciences Po Paris a confirmé qu'un "mouvement" était en cours, sans plus de précisions. La communication de CentraleSupélec, sur le plateau de Saclay (Essonne), a affirmé qu'il n'y a eu aucun blocage ni échauffourées, que les cours se passaient normalement, et que des étudiants ont sorti une banderole dans un amphithéâtre une quinzaine de minutes. La proposition de loi portée par la députée Caroline Yadan (Renaissance), élue de la circonscription des Français de l'étranger incluant Israël, prévoit de renforcer la répression des infractions de provocation et d'apologie du terrorisme, interdisant par exemple leur présentation comme un acte de résistance. Ce texte est dénoncé par ses détracteurs comme attentatoire à la liberté d'expression.

