Un navire dans le détroit d'Ormuz, au large de la province d'Al-Musandam, à Oman, le 12 avril 2026. Photo REUTERS
Le chef de l'agence maritime de l'ONU a déclaré lundi qu'aucun pays n'avait légalement le droit de bloquer la navigation dans le détroit d'Ormuz, une route commerciale paralysée par la guerre entre les États-Unis et l'Iran. « Conformément au droit international, aucun pays n'a le droit d'interdire le droit de passage inoffensif ou la liberté de navigation dans les détroits internationaux utilisés pour le transit international », a déclaré le secrétaire général de l'Organisation maritime internationale (OMI), Arsenio Dominguez, lors d'une conférence de presse.
Les États-Unis ont annoncé débuter lundi un blocus des ports iraniens situés dans le détroit et ses environs, dont les forces iraniennes contrôlent l'accès depuis que la guerre a éclaté avec les frappes américaines et israéliennes contre l'Iran le 28 février.
Le secrétaire général de l'OMI a néanmoins minimisé la portée d'un tel blocage américain sur le trafic maritime international car au vu « du très petit nombre de navires qui ont réussi à transiter, un blocus supplémentaire ne va pas aggraver la situation de manière très perceptible ».
En effet, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, l'Iran orchestre la quasi-paralysie du détroit d'Ormuz pour mettre la pression sur Washington.
Le trafic via ce couloir particulièrement stratégique, où transite habituellement près de 20% de la production de pétrole mondiale et du gaz naturel liquéfié, a déjà été réduit d'environ 90% depuis le début de la guerre, selon la société de données maritime Lloyd's List Intelligence. Les passages subsistants seraient principalement liés à l'Iran.
« C'est la désescalade qui va nous permettre de commencer à faire face à la crise et de ramener le transport maritime à son fonctionnement habituel », estime M. Dominguez.
Il a par ailleurs rappelé qu'un péage pour traverser le détroit d'Ormuz était « contraire au droit international de la mer ainsi qu'au droit coutumier », déclarant que les Etats « ne devraient absolument pas s'engager dans cette voie, car cela créerait un précédent très dangereux ».
Plusieurs navires auraient payé deux millions de dollars à l'Iran pour passer du Golfe au golfe d'Oman via Ormuz, avait rapporté Lloyd's List Intelligence précédemment.

