Le chef de l'opposition israélienne, Yaïr Lapid. Photo tirée de son compte X
Trois figures de l'opposition israélienne ont dénoncé mercredi comme un échec cuisant l'accord de cessez-le-feu conclu entre Washington et Téhéran, accusant le Premier ministre israélien de n'avoir atteint aucun des objectifs de guerre qu'il avait annoncés.
« Jamais dans toute notre histoire nous n'avons connu un tel désastre politique », a écrit sur X, Yaïr Lapid, chef de Yesh Atid (« Il y a un avenir »), premier parti d'opposition au Parlement. « Israël n'a même pas été consulté quand des décisions concernant le fondement de notre sécurité nationale ont été prises », a ajouté le chef de l'opposition qui avait apporté son plein soutien à la guerre à son déclenchement fin février.
La trêve a été annoncée dans la nuit par Donald Trump quelques heures avant que le bureau de M. Netanyahu annonce dans un communiqué le soutien d'Israël à « la décision du président [Donald] Trump de suspendre les frappes contre l'Iran pendant deux semaines ». « L'armée a accompli tout ce qui lui a été demandé et la population a fait preuve d'une résilience remarquable mais Netanyahu a échoué politiquement, a échoué stratégiquement et n'a atteint aucun des objectifs qu'il s'était lui-même fixés », a poursuivi M. Lapid.
M. Netanyahu a justifié la guerre déclenchée par l'attaque conjointe des Etats-Unis et d'Israël sur l'Iran le 28 février par la nécessité d' »éliminer la menace existentielle » que faisait peser selon lui sur Israël la République islamique avec ses programmes nucléaire et balistique. Il aussi incité à de multiples reprises les Iraniens à se soulever et faire tomber la République islamique. « Il nous faudra des années pour réparer les dégâts politiques et stratégiques causés par Netanyahu en raison de son arrogance, de sa négligence et de l'absence de planification stratégique », a déclaré M. Lapid.
« Netanyahu a menti »
« Netanyahu a menti. Il a promis une 'victoire historique' et la sécurité pour des générations, et en pratique nous avons essuyé l'un des échecs stratégiques les plus graves qu'Israël ait connus », a déclaré de son côté Yaïr Golan, chef de l'alliance de gauche « Les Démocrates ». « Aucun des objectifs n'a été atteint », a-t-il ajouté sur X: « le programme nucléaire n'a pas été détruit. La menace balistique demeure. Le régime (...) sort même de cette guerre plus fort ».
Le cessez-le-feu « accorde au régime des ayatollahs un répit et la possibilité de se réorganiser », a jugé Avigdor Lieberman, chef du parti nationaliste Israël Beiteinou. « Tout accord avec l'Iran, sans que [la République islamique] renonce à vouloir détruire Israël, à l'enrichissement d'uranium, à la production de missiles balistiques [...] signifie que nous devrons repartir en campagne [militaire] dans des conditions plus difficiles et que nous aurons alors à payer un prix plus lourd », a-t-il écrit sur X.
La guerre a fait 23 morts en Israël, victimes de missiles tirés d'Iran ou du Liban par le Hezbollah, allié de Téhéran. « Le cessez-le-feu ne s'applique pas au Liban », où « la bataille continue » contre le Hezbollah, a annoncé l'armée israélienne, qui a perdu 11 soldats au combat dans le sud du Liban depuis que le mouvement chiite s'est joint aux hostilités le 2 mars.


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