Cette image couleur naturelle, diffusée par la NASA, acquise avec MODIS sur le satellite Terra de la NASA le 5 février 2025, montre le golfe d’Oman et la région du Makran (C) dans le sud de l’Iran et le sud-ouest du Pakistan, ainsi que le détroit d’Hormuz (L) et la côte nord d’Oman (en bas). Photo NASA Earth Observatory / AFP
Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG) a appelé jeudi le Conseil de sécurité de l'ONU à donner son feu vert à l'usage de la force pour libérer le détroit d'Ormuz, alors que celui-ci est divisé par un projet de résolution.
« L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains », a dénoncé Jassem Al-Budaiwi lors de la première réunion du Conseil de sécurité sur la coopération avec le CCG, qui regroupe l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman. « Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à décider de toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale », a-t-il insisté.
Ces déclarations interviennent alors que les 15 membres du Conseil discutent depuis dix jours d'un projet de résolution porté par Bahreïn, qui autoriserait un État ou une coalition d'États à utiliser « tous les moyens nécessaires » pour assurer la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz, quasiment paralysé depuis un mois. Le ministre bahreïni des Affaires étrangères, Abdullatif bin Rashid Al Zayani, a d'ailleurs déclaré jeudi au Conseil de sécurité qu’il espérait un vote vendredi sur ce quatrième projet de résolution. Le projet avait précédemment supprimé toute référence explicite à une application contraignant,e afin de surmonter les objections d’autres pays, en particulier la Russie et la Chine. La dernière version, consultée par l'agence Reuters, fixe une limite de six mois pour la mise en œuvre de ces mesures.
« Nous espérons une position unifiée de ce vénérable Conseil lors du vote qui aura lieu sur le projet de résolution demain (vendredi), si Dieu le veut », a déclaré Al Zayani lors d’une réunion du Conseil que Bahreïn préside actuellement. Il a affirmé que la « tentative illégale et injustifiée de l’Iran de contrôler la navigation internationale dans le détroit d’Hormuz » menaçait les intérêts des nations et des peuples du monde entier et « exige une réponse décisive ». Bien que la résolution autorise effectivement l’usage de la force « dans le détroit et les eaux adjacentes, y compris dans les eaux territoriales des États riverains », le dernier projet précise que ces mesures doivent être « de nature défensive ».
Mais l'idée de rouvrir le détroit d'Ormuz par la force ne fait pas l'unanimité. Selon des sources diplomatiques, la Russie, la Chine et la France, qui disposent d’un droit de veto, ont exprimé de fortes objections malgré plusieurs modifications du texte. « Nous voulons une décision du Conseil qui s'attaque à la situation de manière exhaustive, et à ses racines, pas une décision partiale et non équilibrée », a commenté mercredi Anna Evstigneeva, ambassadrice adjointe de la Russie, alliée de longue date de l'Iran.
Le président français Emmanuel Macron a estimé jeudi qu'une opération militaire pour « libérer » le détroit stratégique serait « irréaliste », parce qu'elle « prendrait un temps infini » et comporterait « de nombreux risques ». Une cinquième version du texte a été distribuée jeudi aux États membres.
Depuis le début du conflit, déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran, la quasi-paralysie par Téhéran du détroit d'Ormuz— par où transite normalement un cinquième de la production mondiale de pétrole ainsi que du gaz naturel liquéfié — a entraîné une forte hausse du prix des hydrocarbures, avec un impact économique mondial.

