Le président américain, Donald Trump, et la Première Dame, lors d'un spectacle au Kennedy Center à Washington, le 31 mars 2026. Photo Ken CEDENO / AFP
Le président américain Donald Trump envisage de retirer les États-Unis de l'OTAN, un « tigre de papier » qui a refusé de participer à la guerre contre l'Iran, comme il l'a confié au Daily Telegraph britannique.
Dans un entretien à ce journal, il a ainsi affirmé qu’un départ des États-Unis de l'Alliance atlantique était « plus qu’envisageable » : « Je n’ai jamais été convaincu par l’OTAN. J’ai toujours su que c’était un tigre de papier, et Poutine (Vladimir Poutine, le président russe, Ndlr) le sait aussi, d’ailleurs (...) Si l’OTAN consiste uniquement à ce que nous défendions l’Europe en cas d’attaque, mais qu’en retour (les pays qui la constituent) nous refusent des droits de stationnement quand nous en avons besoin, ce n’est pas un très bon accord. C’est une situation difficile dans laquelle rester engagé. »
Les États-Unis reprochent à des pays de l'OTAN dont la France, l'Espagne et l'Italie, de ne pas avoir autorisé le survol de leurs territoires ou d'utiliser les bases américaines pour acheminer des équipements militaires à Israël dans le cadre de la guerre contre l'Iran, déclenchée le 28 février. Donald Trump avait lui-même déclaré vendredi dernier que les États-Unis pourraient ne pas venir en aide à l'OTAN en cas de besoin, réitérant ses critiques contre l'Alliance atlantique, lors d'un forum d'affaires à Miami.
De son côté, le secrétaire d'État Marco Rubio a déclaré sur la chaîne américaine Fox News penser « qu'il ne fait malheureusement aucun doute qu'une fois ce conflit terminé, nous devrons réexaminer cette relation », ajoutant qu'il reviendrait à Donald Trump de trancher cette question. « Si nous en sommes arrivés au point où l'alliance de l'OTAN nous empêche d'utiliser ces bases, où nous ne pouvons en fait plus les utiliser pour défendre les intérêts des États-Unis, alors l'OTAN est une voie à sens unique », a-t-il déclaré. « L'OTAN se résume alors simplement à la présence de nos troupes en Europe pour défendre l'Europe (...) Lorsque nous avons besoin qu'ils nous autorisent à utiliser leurs bases militaires, leur réponse est 'non' ? Alors pourquoi sommes-nous dans l'OTAN ? Il faut se poser cette question », a ajouté le chef de la diplomatie américaine. Il a encore souligné qu'il revenait aux alliés des États-Unis de sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué de facto par l'Iran, dont ils dépendent pour leur pétrole. Enfin, parlant de la guerre en Iran, il a indiqué que « nous sommes proches de la ligne d'arrivée » sans donner de calendrier.
Les relations entre l'OTAN et les États-Unis, qui en sont membre fondateur et principal acteur, traversent depuis le retour au pouvoir de Donald Trump une zone de fortes turbulences, les États-Unis accusant les Européens de prendre leur sécurité pour argent comptant, tandis que ces derniers s'inquiètent d'un éventuel désengagement américain.


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