Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, tient une conférence de presse à l'issue d'une réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 à l'abbaye de Vaux-de-Cernay, à Cernay-la-Ville, près de Paris, le 27 mars 2026. Photo d'Alain JOCARD / AFP
Le chef de la diplomatie française a estimé dimanche que les journalistes travaillant dans les pays en guerre ne devraient « jamais » être pris pour cible « y compris lorsqu'ils ont des liens avec des parties au conflit ».
« S'il est effectivement avéré que les journalistes en question ont été délibérément ciblés par l'armée israélienne, alors c'est extrêmement grave et c'est une violation flagrante du droit international », a déclaré Jean-Noël Barrot sur la chaîne publique France 3, au lendemain de la mort de trois journalistes libanais, dont un correspondant vedette de la chaîne al-Manar du groupe chiite pro-iranien Hezbollah.
L'armée israélienne a affirmé avoir tué Ali Choeib, qu'elle qualifie de membre de la force al-Radwan, unité d'élite du Hezbollah, opérant « sous la couverture d'un journaliste » et qui selon elle repérait les positions de l'armée israélienne dans le sud du Liban.
« Jamais les journalistes ne doivent être pris pour cible sur les théâtres de guerre, y compris lorsqu'ils ont des liens avec des parties au conflit », a estimé Jean-Noël Barrot.
Depuis que le Liban a été entraîné le 2 mars dans la guerre régionale par une attaque du Hezbollah pro-iranien contre Israël, près de 1.200 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes massives, et plus d'un million ont été déplacées.
Le chef de la diplomatie française a déploré la montée incessante de la violence au Proche et au Moyen-Orient depuis les attentats sanglants du 7 octobre 2023 perpétrés par le groupe islamiste palestinien Hamas en Israël et les représailles des autorités israéliennes.
S'agissant du Liban, M. Barrot a souligné la nécessité pour le gouvernement libanais de restaurer « l'autorité de l'Etat pour pouvoir disposer du monopole des armes, protéger toutes les communautés et vivre en paix, en sécurité avec ses voisins ». « Et il faut qu'Israël respecte en toute circonstance l'intégrité territoriale du Liban et le droit international », a-t-il insisté.

