Le ministre des Affaires étrangères Badr Abdelatty avec le chef de l'Etat libanais, Joseph Aoun, le 26 mars au palais de Baabda. Photo issu du compte X / @LBPresidency
L'Égypte, dont le ministre des Affaires étrangères Badr Abdelatty est actuellement en visite à Beyrouth, poursuit ses efforts et contacts pour une désescalade au Liban, sans parvenir jusqu'à présent à des « résultats concrets », mais reste toutefois optimiste concernant un arrêt des frappes israéliennes.
Alors qu'il se trouvait au port de Beyrouth pour superviser une livraison d’aide humanitaire en soutien au Liban dont plus d'un million de personnes ont été déplacés de force par les attaques et menaces israéliennes, M. Abdelatty a affirmé que son séjour au Liban vise à apporter toutes formes de soutien et de coopération, et porte des messages clairs et explicites », selon des médias locaux. « Nous espérons que ces envois d’aide, représentant environ mille tonnes, parviendront à ceux qui en ont besoin, et nous continuerons à fournir ce qui est nécessaire », a-t-il ajouté. Il a par ailleurs assuré que Le Caire continuerait de « mobiliser ses canaux de communication avec les parties régionales et internationales pour mettre fin aux attaques contre le Liban » condamnant le ciblage par Israël « d'infrastructures civiles », ce qui « viole la souveraineté libanaise et enfreint le droit international ». Au cours de la semaine écoulée, plusieurs ponts sur le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres de la frontière, ont été détruits par des bombardements.
Concernant les infrastructures civiles, le ministre des Travaux publics et des Transports, Fayez Rassamny, qui accompagnait M. Abdelatty au port de Beyrouth, a de son côté indiqué à la chaîne locale al-Jadeed que le Liban dispose « d’assurances selon lesquelles l’aéroport international de Beyrouth (AIB) et les ports libanais seront tenus à l’écart du conflit ». Plusieurs responsables libanais, dont le Premier ministre Nawaf Salam, avaient déjà évoqué des garanties similaires concernant l'AIB.
M. Abdelatty s’est ensuite rendu au palais de Baabda, où il a rencontré le président Joseph Aoun et lui a transmis un message du président égyptien Abdel Fattah al-Sisi, condamnant ces attaques et l'offensive terrestre israéliennes. Il a ajouté que les efforts égyptiens « se poursuivent en vue d’une désescalade, en coordination avec la France ». Il a estimé que « bien qu’aucun résultat concret n’ait encore été atteint, l’Égypte reste optimiste ». Il a enfin insisté sur la nécessité de « soutenir l’État libanais et l’armée afin d’affirmer l’autorité et la souveraineté de l’État sur l’ensemble du territoire, et de garantir que les armes soient exclusivement entre les mains de l’État ».
Le président Aoun a informé M. Abdelatty qu’Israël n’avait pas répondu à son initiative de négociations directes, laissant « la situation militaire se détériorer et augmentant les souffrances du peuple libanais ». Il a salué « tout soutien égyptien à cette initiative, compte tenu de l’engagement de l’Égypte pour la stabilité, la souveraineté et l’intégrité du Liban » et rappelé que « malgré la gravité de la situation, le peuple libanais reste uni pour maintenir cohésion et solidarité et rejeter toute provocation menant à la guerre civile ». « L’armée et les forces de sécurité restent vigilantes pour protéger les déplacés et maintenir la paix civile », a-t-il ajouté.
Après sa visite au palais de Baabda, le ministre égyptien des Affaires étrangères s’est rendu à Aïn al-Tiné pour rencontrer le président du Parlement, Nabih Berry. À l’issue de la rencontre, M. Abdelatty a réaffirmé la disponibilité de l’Égypte à répondre aux demandes du Liban pour atténuer les conséquences de la crise des déplacements. « L’Égypte multiplie les efforts avec les États-Unis, la France et les acteurs régionaux pour réduire l’escalade au Liban et prévenir toute attaque visant les ressources du peuple libanais », a-t-il dit. Il a également évoqué les efforts de médiation pour désamorcer le dossier iranien et établir un canal direct entre Téhéran et Washington : « Si ces négociations aboutissent, elles pourraient réduire l’escalade en Iran et au Liban ».
Interrogé sur l’existence d’une initiative égyptienne pour stopper la guerre, M. Abdelatty a répondu : « C’est au cœur des efforts de l’Égypte, qui propose des idées pour obtenir un arrêt de l’escalade et épargner au Liban les attaques israéliennes ». De son côté, M. Berry a remercié l’Égypte pour sa position constante en faveur du Liban et salué ses efforts humanitaires et diplomatiques pour mettre fin aux attaques israéliennes.
M. Abdelatty a aussi visité des centres d’accueil des déplacés à Jnah. « Nous affirmons notre solidarité totale avec ceux contraints de fuir le Liban sous les bombardements liés à l’agression israélienne », a-t-il déclaré, soulignant que l’Égypte était prête à répondre à « toute demande humanitaire du Liban ».
Il a ensuite été reçu par le Premier ministre Nawaf Salam. Le chef de la diplomatie égyptienne a affirmé que l’Égypte se tient aux côtés du Liban et que son pays a déjà fourni 900 tonnes d’aide d’urgence, une assistance qui « n’est qu’un début », a indiqué le Grand Sérail sur son compte X. Il a également évoqué les efforts diplomatiques déployés par l’Égypte pour réduire l’escalade dans la région et au Liban, tout en réaffirmant le soutien de son pays aux décisions du gouvernement libanais.

