Le chancelier allemand Friedrich Merz, entouré (de gauche à droite) du ministre allemand de l'Intérieur Alexander Dobrindt, du ministre allemand des Finances et vice-chancelier Lars Klingbeil, ainsi que du chef de cabinet et ministre chargé des missions spéciales Thorsten Frei, assiste à la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres du gouvernement allemand, le 25 mars 2026 à la Chancellerie à Berlin. Photo John MACDOUGALL/AFP
Le ministre allemand des Finances a fustigé mercredi la « mauvaise politique » du président américain Donald Trump en Iran, susceptible d'amener un nouveau choc économique, et dénoncé les groupes pétroliers profitant selon lui de la situation.
« Pour la deuxième fois en quatre ans, nous sommes fortement menacés par un choc géoéconomique » lié à la guerre en Iran, a martelé Lars Klingbeil, qui est aussi vice-chancelier, lors d'un colloque organisé par la fondation Bertelsmann à Berlin.
La « mauvaise politique du président Trump » a un « impact direct sur le portefeuille des citoyens », accentué par les gains de « certaines entreprises », ce qu'il juge « honteux », « déloyal et un peu antipatriotique ».
Le dirigeant, également co-président du parti social-démocrate en grande difficulté après une élection régionale perdue dimanche, s'exprimait alors que la coalition au pouvoir menée par le chancelier conservateur Friedrich Merz cherche à relancer une économie à la peine.
Berlin réfléchit ces jours-ci à plusieurs moyens pour faire baisser les prix de l'énergie, a rappelé M. Klingbeil. Il s'est dit favorable à un prélèvement sur les surprofits des entreprises énergétiques et à l'instauration d'un plafond de prix contraignants, à l'instar de ce que fait le Luxembourg.
Les profits prélevés devront être « reversés aux citoyens, par exemple sous forme de réductions sur les coûts de mobilité ou d'autres aides », a-t-il ajouté. Il a proposé d'autres mesures pour renforcer la souveraineté industrielle.
« Dans les domaines où nous avons pris du retard technologiquement, nous pouvons obliger les entreprises étrangères à former des coentreprises avec des sociétés locales comme condition pour pouvoir opérer sur le marché européen », a-t-il déclaré. Des mesures « strictes » mais « nécessaires pour protéger ici en Europe nos technologies et nos emplois », a-t-il argué. Il s'agit encore de renforcer le contrôle des acquisitions en durcissant les règles de filtrage des investissements. « Nous ne pouvons plus nous permettre d'être naïfs face aux acquisitions étrangères », a-t-il insisté.


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