Un drapeau de l'ONU. Photo AFP
Le Conseil des droits de l'homme doit se réunir mercredi en urgence pour débattre des frappes de l'Iran sur plusieurs pays du Golfe, et de leurs conséquences sur les droits de l'homme dans la région, a indiqué l'ONU.
Ce débat, approuvé mardi, a été réclamé par Bahreïn au nom des six pays du Conseil de coopération du Golfe et de la Jordanie, provoquant la fureur de Téhéran, qui les a qualifiés de « déconnectés de la réalité ».
Les échanges porteront sur « la récente agression militaire lancée par l'Iran contre Bahreïn, la Jordanie, le Koweït, Oman, le Qatar, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis... ciblant les civils et les infrastructures civiles, et ayant entraîné la perte de vies innocentes », selon l'intitulé du débat.
La guerre a éclaté le 28 février lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l'Iran, qui a riposté en ciblant Israël et des pays du Golfe.
« Nos pays ne sont pas parties prenantes au conflit armé et n'ont participé à aucune agression ni attaque militaire », a affirmé l'ambassadeur de Bahreïn, Abdulla Abdullatif Abdulla, devant le Conseil mardi. « Ces attaques iraniennes ont ciblé des civils et des infrastructures civiles, faisant de très nombreuses victimes innocentes ».
Ces sept pays ont présenté un projet de résolution qui sera présenté et soumis au vote des 47 membres du Conseil. Ce texte « condamne avec la plus grande fermeté les attaques odieuses » perpétrées par l'Iran, condamne les actions de Téhéran visant à bloquer le détroit d'Ormuz et exprime de « vives inquiétudes face aux attaques iraniennes contre les infrastructures énergétiques ».
Il exige de l'Iran qu'il « cesse toutes les attaques non provoquées » contre les États du Conseil de coopération du Golfe et la Jordanie, et qu'il « fournisse une réparation intégrale (...) pour tous les préjudices et dommages (...) causés par ses actes illicites internationalement illégaux ». Le texte ne mentionne ni Israël ni les États-Unis.
En réponse, le représentant de l'Iran au Conseil a estimé que cette demande « ignorait délibérément la guerre d'agression en cours menée contre l'Iran par les régimes américain et israélien ».
Tenir un tel débat est « manifestement injuste, juridiquement intenable et fondamentalement déconnecté de la réalité », a-t-il ajouté, jugeant « évident que si les États riverains du golfe Persique et la Jordanie n'avaient pas permis que leurs territoires soient utilisés par les forces militaires américaines pour des actes d'agression, les bases et installations militaires américaines dans la région ne seraient pas devenues des cibles légitimes ».
Le président du Conseil, Sidharto Reza Suryodipuro, a indiqué avoir reçu une lettre de l'Iran, de la Chine et de Cuba demandant un autre débat urgent relatif à la « protection des enfants et des établissements d'enseignement dans les conflits armés internationaux », en référence au bombardement ayant selon Téhéran visé le 28 février une école à Minab, dans le sud du pays, faisant plus de 150 morts d'après le gouvernement iranien.
M. Suryodipuro a précisé que cette demande devait âtre examinée par le bureau du Conseil dans la journée de mardi.

