Éric Ciotti (au centre), président du groupe parlementaire de l'UDR et candidat de l'Union de la Droite et du Rassemblement National (RN) à la mairie de Nice, salue ses partisans, entouré de Christelle D'Intorni (à gauche), députée de l'UDR, et de Bernard Chaix (à droite), député de l'UDR, après sa victoire au second tour des élections municipales de 2026 à Nice, dans le sud-est de la France, le 22 mars 2026. Photo Valery HACHE / AFP
Le maire sortant Horizons de Nice, Christian Estrosi, a été battu dimanche par son grand rival Eric Ciotti (UDR-RN), porteur d'une stratégie d'union de la droite et de l'extrême droite, selon une estimation Ifop-Fiducial pour TF1, LCI et Sud Radio. M. Ciotti, ex-LR, a obtenu 45% des suffrages exprimés contre 39,5% pour M. Estrosi et 15,5% pour la candidate PS-PCF-Ecologistes Juliette Chesnel-Le Roux, d'après cette estimation. M. Ciotti a remercié sur X les électeurs niçois pour cette « large victoire ».
Les appels vibrants de M. Estrosi, qui avait été réélu avec près de 60% des voix en 2020, à faire barrage à l'extrême droite n'ont pas suffi, d'autant que Mme Chesnel-Le Roux a refusé de se retirer, estimant que le passif du maire sortant ne lui permettait plus de s'ériger en rempart comme lors des élections régionales de 2015 ou 2021. Pendant des mois d'une campagne qui s'est progressivement durcie, virant parfois au rocambolesque, M. Ciotti avait martelé qu'après 18 ans d'un règne sans partage, Nice avait besoin d'un nouvel élan.
Dans une ville de 355.000 habitants, dont plus d'un sur cinq vit sous le seuil de pauvreté malgré l'image de carte postale qui attire les touristes en masse, le député UDR a mis en sourdine les enjeux nationaux et les sujets marqués RN comme l'immigration. Il a présenté une liste éclectique, officiellement sans étiquette, où les candidats RN étaient bien présents mais très discrets, et tiré à boulets rouges sur la gestion des finances, l'augmentation de près de 20% de la taxe foncière en 2024 ou les nombreuses enquêtes judiciaires tournant autour du sortant.
Lui qui tient déjà le conseil départemental depuis 2008 va désormais prendre les rênes de Nice et de son agglomération, fort aussi de la percée de ses alliés notamment à Cagnes-sur-Mer, 4e ville du département, qui a basculé RN au premier tour.

