Les dégâts sur un bâtiment dans la ville de Dimona provoqué par un tir de missile iranien le 21 mars 2026. Photo Jorge NOVOMINSKY / AFPTV / AFP
Alors que le chef d’état-major israélien, Eyal Zamir, avait déclaré dans la soirée que les attaques israéliennes et américaines « infligées au régime iranien au cours des trois dernières semaines commencent à se traduire par un succès systémique et stratégique, militaire, économique et gouvernemental », l’Iran a tiré des missiles balistiques sur deux villes du sud de l’État hébreu, Dimona et Arad, provoquant d’importants dégâts et faisant de nombreux blessés.
S’exprimant après la frappe de Dimona, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a estimé que le succès de ce tir de missile marque « l’entrée dans une nouvelle phase du conflit ». Dans un message posté sur X, le chef du Parlement a jugé que le fait qu’Israël n’ait pas pu intercepter le missile iranien tiré sur Dimona dans la soirée montrait que le ciel de l’État hébreu était « sans défense ». « En conséquence, il semble que le moment soit venu de mettre en œuvre les plans suivants, déjà prévus », a-t-il ajouté. Dans une déclaration faite peu avant minuit, Benjamin Netanyahu a promis de « continuer à frapper » l’Iran après une « soirée très difficile » pour Israël, rapporte l'AFP.
C’est d’abord Dimona, qui abrite une installation dédiée à la recherche nucléaire, qui a été touchée. L’Iran a revendiqué le tir de missile, affirmant qu’il s’agissait d’une « réponse » à l’attaque « ennemie » contre le complexe de Natanz, rapportée plus tôt par Téhéran. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a pour sa part affirmé qu’aucun niveau de radiation anormal n’a été détecté après la frappe.
Contactée après la diffusion sur les réseaux sociaux d’images montrant une boule de feu s’écraser au sol, l’armée israélienne a confirmé à l’AFP qu’il s’agissait d’un « impact direct de missile sur un bâtiment » de cette ville située dans le désert du Néguev. Les équipes du Magen David Adom (MDA), l’équivalent israélien de la Croix-Rouge, ont annoncé avoir pris en charge « un garçon d’environ dix ans dans un état grave (…) souffrant de blessures par éclats d’obus » ainsi qu’« une femme d’environ 30 ans (…) souffrant de blessures par éclats de verre ». Elles ont également évacué vers l’hôpital 31 patients légèrement blessés par des éclats d’obus en se rendant dans un abri, ainsi que 14 personnes présentant des symptômes d’anxiété. La police a diffusé des images d’un appartement situé à l’étage, frappé par un impact, le mur de la cuisine éventré.
D’autres images diffusées en ligne et des directs des télévisions ont montré des impacts sur des zones urbaines, notamment un immeuble à la façade en grande partie détruite, trouée et grêlée d’éclats, ainsi que des véhicules en feu. L’armée a indiqué dans un communiqué qu’« avant l’impact, des tentatives d’interception avaient été menées » sans succès et que les causes de l’impact « feront l’objet d’un examen ».
La ville de Dimona abrite notamment le Centre de recherche nucléaire du Néguev Shimon Peres, une installation nucléaire à des fins de recherche qui, d’après la presse étrangère, aurait été impliquée dans la production d’armes nucléaires au cours des dernières décennies. Peu d’informations filtrent sur le site nucléaire de Dimona. Israël maintient une politique « d’ambiguïté stratégique », ne confirmant ni n’infirmant la possession d’armes nucléaires.
Nombreux dégâts et au moins 59 blessés à Arad
La ville d’Arad, située à 25 km de Dimona, a subi un autre impact direct de missile, qui a causé de nombreux dégâts et des blessés, ont annoncé les secours, après l’alerte de l’armée sur une attaque imminente de missile provenant d’Iran.
« Suite aux premiers rapports faisant état d’une frappe sur la ville d’Arad, le missile a touché le centre-ville et plusieurs immeubles d’habitation », affirment les pompiers de la région sud dans un communiqué. « Trois bâtiments ont été directement frappés et de graves dégâts structurels sont signalés. Un incendie s’est déclaré à l’étage de l’une des structures (…) Des victimes ont été signalées », ont-ils ajouté.
Un bilan intermédiaire vers 23h, heure locale, faisait état de 59 blessés au moins, dont six graves. « Les secouristes et médecins du Magen David Adom (MDA) prodiguent des soins et transportent 59 patients vers les hôpitaux à bord de dizaines d’ambulances, d’unités mobiles de soins intensifs du MDA, d’hélicoptères du MDA et de l’armée de l’air », a indiqué cet organisme de secours.
L’armée israélienne enquête de son côté sur l’échec de l’interception des missiles balistiques qui ont frappé Arad et Dimona il y a peu, rapporte le Times of Israel. Le missile, qui serait équipé d’une ogive conventionnelle contenant plusieurs centaines de kilogrammes d’explosifs — 450 kg selon la chaîne israélienne Channel 12 —, a fait des dizaines de blessés et causé d’importants dégâts, indique encore le quotidien.
Dimanche matin, la radio de l’armée israélienne a rapporté qu’environ 150 personnes blessées sont arrivées au centre médical de Soroka, à Be'er Sheva, à la suite des frappes iraniennes à Dimona et Arad.
Des informations relayées par la presse israélienne et par les médias libanais ont indiqué que les membres du gouvernement de Benjamin Netanyahu ont tenu une réunion téléphonique pour traiter la situation.
Sur les réseaux sociaux, des informations faisant état d’attaques de colons sur la ville de Jénine, en Cisjordanie occupée, en représailles aux frappes sur Arad et Dimona, ont commencé à circuler au milieu de la nuit.


