La ministre de l'Education, Rima Karamé dans un centre d'hébergement de déplacés, avec des familles. Photo ANI
La ministre libanaise de l’Éducation, Rima Karamé, a affirmé samedi que le ministère a « entamé la mise en œuvre d’un plan d’enseignement progressif », alors que la majorité des écoles publiques ont suspendu les cours et accueillent des déplacés de la guerre entre Israël et le Hezbollah.
« Le ministère a entamé la mise en œuvre d’un plan d’enseignement progressif et maintient le contact avec les familles dans les zones touchées, principalement au Liban-Sud », a précisé Mme Karamé lors d'une visite à l’école officielle de Amchit, dans le caza de Jbeil, qui accueille 93 personnes déplacées des cazas de Nabatiyé et de la Békaa. « Une cellule de crise a également été formée au sein du ministère, qui suit au quotidien les développements et évalue les situations des familles, afin de répondre aux besoins », a-t-elle ajouté, précisant que le ministère travaille aussi avec les donateurs « pour fournir du matériel éducatif à domicile dans les zones non sécurisées, afin d'améliorer la qualité de l’enseignement à distance et les méthodes de prestation des cours ».
Évoquant l’enseignement supérieur, la ministre a indiqué que l’Université libanaise et plusieurs autres institutions privilégient l’enseignement à distance, le temps que les conditions soient réunies pour revenir à l’enseignement en présentiel. Il en est de même dans nombre d'écoles et particulièrement dans les écoles publiques réquisitionnées qui devraient rouvrir progressivement si la situation le permet.
La ministre de l’Éducation a annoncé, dans ce cadre, qu’elle examinera « dans les deux prochaines semaines la question des examens officiels, après avoir assuré la continuité du processus d’enseignement pour tous les élèves ». Le Liban compte près d’un million de déplacés depuis le début du conflit armé qui a commencé dans la nuit du 1er au 2 mars, principalement au Liban-sud, dans la Békaa et la banlieue-sud de Beyrouth. Les écoles publiques ont été réquisitionnées pour en héberger une grande partie. Ce conflit a fait jusque là plus de 1000 morts, dont plus de 118 enfants, selon le ministère de la Santé.
Mme Karamé s’est également entretenue avec des déplacés et pris connaissance de leurs conditions d’installation et de leurs préoccupations. « Cette visite est symbolique et vise à exprimer le soutien du gouvernement aux familles déplacées. Elle porte un message clair : l’État est aux côtés de ses citoyens, conscient de l’ampleur des défis auxquels ils font face, et fait son possible pour répondre au mieux à leurs besoins », a-t-elle souligné, saluant particulièrement les mères dont c’est la fête ce 21 mars au Liban, « pour leur résilience et leur sacrifice dans ces conditions difficiles, car elles continuent à soutenir leurs familles et préserver leur cohésion ».
« Le gouvernement redouble d’efforts pour assurer les besoins essentiels », a souligné Rima Karamé, précisant que « le ministère de l’Éducation a mis toutes les écoles à la disposition du Haut comité de secours ». « De même, le personnel éducatif, en coopération avec le ministère des Affaires sociales, continue de jouer un rôle central dans la réponse aux besoins des familles touchées, à travers une équipe intégrée assurant un suivi sur le terrain », a-t-elle assuré.
Mme Karamé a également commenté l’initiative du président Joseph Aoun pour arrêter la guerre. « L’initiative du président pour mettre fin à la guerre est sur la table », a-t-elle dit, disant espérer qu’il parvienne à « une solution par des voies diplomatiques dans un contexte régional complexe ». « Toutes les guerres se terminent par un accord, comme ce fut le cas l’an dernier et comme ce sera le cas aujourd’hui. Mais à quelles conditions ?, « a-t-elle demandé.
La ministre a été reçue notamment par la présidente de la cellule de gestion des catastrophes à Jbeil, la caïmacam (sous-gouverneure) Nathalie Merhi Khoury, par le membre du conseil municipal d’Amchit, Zafer Sleiman, représentant le président de la municipalité Joseph Khoury, par les moukhtars (fonctionnaires) Bassem Khalifé, Tony Lahoud et Wadih Naoufal, par le chef de région de l’éducation, Gilbert Sokhon, et la directrice de l’école Claudie Bassil.

