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Dernières Infos - Qatar

Avec la guerre qui se prolonge, le quartier universitaire de Doha réduit au silence


Des passants se promènent sur la promenade du front de mer devant le paquebot Mein Schiff 5 amarré dans le vieux port de Doha, le 10 mars 2026. Photo AFP

Dans « Education city », le rutilant quartier universitaire de Doha, seul le bruit intermittent de missiles interceptés rompt désormais le silence des lieux, où les cours en présentiel ont cessé. Entre cette décision des autorités qataries de basculer tous les cours en distanciel dès le déclenchement du conflit le 28 février, et celle, plus récente, de procéder à une évacuation partielle, la vie de ce quartier du nord-ouest de Doha a été chamboulée.

Shayan, 19 ans, rencontrée par l'AFP dans ce vaste campus comprenant plusieurs antennes d'universités américaines ainsi que celle de l'école de commerce française HEC, ne masque plus son inquiétude. « Difficile de dire ce qui va se passer, et combien de temps ça va durer », dit cette étudiante en journalisme, qui demande, par précaution, de ne pas divulguer son identité complète. « Tout est devenu tellement imprévisible (...). C'est très dur », enchaine-t-elle, en s'interrogeant particulièrement sur l'impact pour ses études. « Dans une filière comme la mienne, ça m’inquiète, parce qu’on fait beaucoup de travail pratique, de terrain, et j’ai l’impression que cet aspect-là est perdu », ajoute-t-elle.

« Plus réaliste »

Depuis ce témoignage recueilli mardi, la situation ne s'est pas améliorée au Qatar, avec notamment les frappes iraniennes qui ont touché dans la nuit de mercredi à jeudi un site gazier majeur au large de Doha. Une attaque présentée par l'Iran comme une riposte à des frappes israéliennes contre ses propres infrastructures gazières.

Nisaba, 19 ans également, a d'abord espéré que le conflit ne durerait que quelques jours, avant de devoir se raviser. « Ca s'est propagé... et je suis devenue plus réaliste en me disant que ça devrait durer », ajoute cette autre étudiante en journalisme, qui demande aussi à ne pas être identifiée.

Avec les cours à distance et les sorties qui se sont raréfiées, la comparaison avec la période des confinements du Covid-19, au début de la décennie, rejaillit inévitablement.

« On est coincés à la maison. On ne peut pas vraiment sortir. C'est seulement de l'inconfort mais ça me fait peur aussi », avoue Nisaba, en ajoutant que ses amis et son université lui « manquent ».

« Vraiment proche »

A la suspension des cours en présentiel est venu s'ajouter samedi un ordre d'évacuation d'une partie du quartier, présenté par les autorités comme une « mesure temporaire de précaution » face aux menaces iraniennes de s'en prendre aux intérêts économiques américains et israéliens dans la région. La Qatar Foundation, qui gère Education City et coopère avec des universités américaines aussi prestigieuses que Georgetown, a précisé à l'AFP que 282 étudiants avaient été concernés par cet ordre d'évacuation, dans un quartier inauguré en 2003 où des milliers d'âmes vivent en temps normal.

Karim Fanous, étudiant en médecine, raconte avoir été réveillé avant l'aube samedi par l'ordre d'évacuation, avant d'entendre des explosions. « C'était très stressant, raconte ce Jordanien de 23 ans, car c'était (aussi) la première fois qu'on sentait des explosions secouer le secteur. » « C'était vraiment proche, sans doute à moins d'un kilomètre », précise-t-il. Il explique que le message des autorités n'avait pas précisé d'emblée où la population concernée allait être évacuée, un facteur supplémentaire de stress. Mais c'est la puissance des explosions qui a surtout « choqué » les résidents, dans un pays, le Qatar, jusque-là « présenté comme l'un des plus sûrs et les plus pacifiques au monde », relève-t-il.

Sharon Ogachi, qui étudie le management dans le secteur des loisirs et du sport, se félicite pour sa part de la qualité de l'organisation lors des évacuations, effectuées en bon ordre par bus. « Ca m'a d'abord bien sûr ébranlé, reconnait-il toutefois. Parce que jamais je ne m'étais retrouvé dans une telle situation », note ce Kényan de 26 ans.


Dans « Education city », le rutilant quartier universitaire de Doha, seul le bruit intermittent de missiles interceptés rompt désormais le silence des lieux, où les cours en présentiel ont cessé. Entre cette décision des autorités qataries de basculer tous les cours en distanciel dès le déclenchement du conflit le 28 février, et celle, plus récente, de procéder à une évacuation partielle, la vie de ce quartier du nord-ouest de Doha a été chamboulée.Shayan, 19 ans, rencontrée par l'AFP dans ce vaste campus comprenant plusieurs antennes d'universités américaines ainsi que celle de l'école de commerce française HEC, ne masque plus son inquiétude. « Difficile de dire ce qui va se passer, et combien de temps ça va durer », dit cette étudiante en journalisme, qui demande, par précaution, de ne pas...