La synagogue de Dollis Hill, à Londres. Photo d'illustration Wikicommons
Les deux Iraniens soupçonnés d'avoir surveillé des personnes et des lieux liés à la communauté juive de Londres pour le compte de l'Iran ont notamment ciblé une synagogue et des centres culturels, a-t-on appris lors de leur comparution devant un tribunal jeudi. Nematollah Shahsavani, Irano-britannique de 40 ans, et Alireza Farasati, Iranien de 22 ans, ont été inculpés mercredi pour avoir adopté « une conduite susceptible d'aider un service de renseignement étranger à mener des activités au Royaume-Uni », à savoir l'Iran.
Arrêtés le 6 mars, ils ont comparu jeudi devant le tribunal de Westminster à Londres. Ils n'ont pris la parole que pour confirmer leur identité.
Durant l'audience, la représentante du bureau du procureur, Louise Attrill a affirmé que les deux hommes avaient partagé des documents mentionnant plusieurs cibles comme objectifs de leur surveillance « hostile ». Il s'agit notamment de la synagogue Bevis Marks, la plus ancienne du Royaume-Uni située dans le centre de la capitale ainsi que le centre Sternberg, un campus qui accueille une synagogue, un musée et des écoles juives dans le nord de Londres.
Le Jewish Community Centre, un centre culturel situé dans le nord de la capitale et le Community Security Trust, une association dont le but est de protéger la communauté juive britannique, faisaient également partie de cette liste. Elle a ajouté que l'ambassade d'Israël, le consulat, ainsi qu'une adresse liée à une femme, soupçonnée d'appartenir au Mossad, le service de renseignement israélien, ont aussi été considérés comme des cibles.
Les éléments de preuves disponibles « laissent fortement supposer » que cette surveillance est le fruit « d'instruction reçue par un service de renseignement iranien », a indiqué la représentante du procureur. Selon les conclusions de l'enquête, Nematollah Shahsavani a « chargé » Alireza Farasati de mener ces opérations de surveillance, a-t-elle ajouté. Les deux hommes doivent comparaître le 17 avril devant la Cour criminelle de l'Old Bailey à Londres. Ils ont été maintenus en détention. Deux hommes arrêtés en même temps qu'eux début mars ont été depuis remis en liberté sans qu'aucune charge ait été retenue contre eux.
La police britannique et le MI5 (renseignement intérieur) ont mis en garde à plusieurs reprises contre la menace croissante constituée par l'Iran, un pays qui est actuellement la cible d'une offensive israélo-américaine. En octobre 2025, le directeur du MI5, Ken McCallum, avait déclaré que les agences de sécurité britanniques avaient déjoué « plus de 20 complots potentiellement mortels soutenus par l'Iran » au cours des 12 mois précédents.


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