Un véhicule de l'ONU ouvre la voie à des ambulances transportant des blessés de guerre et des patients qui quittent Gaza pour se faire soigner à l'étranger, via le point de passage frontalier de Rafah entre Gaza et l'Égypte, après sa réouverture par Israël jeudi pour un nombre limité de personnes, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 19 mars 2026. Photo REUTERS/Ramadan ABED
La Défense civile de la bande de Gaza a indiqué jeudi que quatre personnes avaient été tuées dans le nord du territoire palestinien par des frappes de l'armée israélienne, qui a affirmé avoir visé des « terroristes » représentant « une menace ».
Ces frappes sont survenues au moment où le poste-frontière de Rafah, entre Gaza et l'Egypte, a rouvert à un nombre limité de personnes. Le 28 février, Israël avait annoncé sa fermeture, invoquant des impératifs de sécurité après le début des frappes contre l'Iran. La Défense civile, organisation de premiers secours opérant sous l'autorité du mouvement islamiste palestinien Hamas, a fait état de quatre morts à la suite de frappes israéliennes « ayant visé deux groupes de civils dans les quartiers d'Al-Tuffah et d'Al-Zeitoun, à l'est de la ville de Gaza ».
L'hôpital Al-Chifa de Gaza, principal établissement hospitalier du territoire, a annoncé avoir reçu quatre corps à la suite de frappes dans ces deux quartiers sur des « groupes de civils ».
L'armée israélienne a déclaré à l'AFP que ses troupes avaient identifié « quatre terroristes armés » dans la zone de la « ligne jaune », marquant la limite du repli des troupes israéliennes depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu. Ils ont été « éliminés », « afin de neutraliser la menace », a précisé l'armée. Dans un précédent communiqué, elle avait déclaré avoir « éliminé » la veille le chef des renseignements militaires du Hamas à Khan Younès, dans le sud du territoire. Mohammed Abou Chaleh « a participé à la planification du massacre du 7-Octobre (2023) au sein de la brigade de Khan Younès », avait-elle affirmé, précisant qu'il avait aussi « agi en violation de l'accord de cessez-le-feu (...) et prévoyait de mener des attaques terroristes contre les troupes de l'armée israélienne » et Israël.
Israël et le Hamas s'accusent mutuellement de violer le fragile cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre 2025 après deux ans de guerre et les violences se poursuivent alors même que l'armée israélienne est engagée dans une campagne aérienne contre l'Iran depuis le 28 février, aux côtés des Etats-Unis. Au moins 677 Palestiniens ont été tués depuis le 10 octobre, selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas, et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU. L'armée israélienne a recensé cinq soldats tués dans ses rangs depuis le début de la trêve.
Compte tenu des restrictions imposées aux médias à Gaza et des difficultés d'accès sur le terrain (la presse internationale reste interdite par les autorités israéliennes de se rendre à Gaza), l'AFP n'est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les informations des différentes parties.

