Le président Joseph Aoun et le ministre de l’Agriculture, Nizar Hani, à Baabda le 18 mars 2026. Photo Ani
Le ministre libanais de l’Agriculture, Nizar Hani, a assuré mercredi que les terres agricoles touchées par des frappes israéliennes pouvaient encore être cultivées sans risque d’empoisonnement, selon les résultats des tests effectués par le ministère.
« Plus de 1 000 échantillons de sol ont été prélevés dans différentes zones qui ont été bombardées au phosphore blanc et par d’autres moyens. Les résultats ont montré que les sols sont, dans une certaine mesure, sûrs pour une reprise de l’agriculture. Dans certains cas limités, la présence de métaux lourds a été détectée, mais l’ensemble des terres reste exploitable. Nous avons également analysé des échantillons d’huile et d’olives, qui n’ont montré aucun dommage. Un rapport détaillé sera publié très prochainement », a déclaré le ministre.
M. Hani a ajouté : « Nous espérons que, dans le cadre de la guerre actuelle, ces substances toxiques n’augmenteront pas, car leur danger réside dans leur accumulation en cas d’usage répété ».
Le ministre de l’Agriculture s’exprimait à l’issue d’une réunion avec le président Joseph Aoun au palais de Baabda pour l’informer des mesures prises par le ministère afin d’aider les agriculteurs et d’assurer la production agricole dans les différentes régions du Liban depuis la reprise de la guerre entre le Hezbollah et Israël le 2 mars.
« J’ai informé le président de la République du plan de réponse mis en œuvre par le ministère de l’Agriculture pour le secteur agricole en général, en particulier dans les zones exposées aux attaques, notamment en ce qui concerne l’aide aux éleveurs et aux apiculteurs pour déplacer le bétail et les ruches vers des zones plus sûres. À cette fin, nous coopérons avec l’armée sur tous les aspects des mesures prises et nous identifions des sites alternatifs, en particulier pour les éleveurs de bovins, car il n’est pas facile de déplacer leur bétail d’un endroit à un autre », a expliqué le ministre.
« Nous soutenons également les agriculteurs dans la limite des moyens disponibles, en collaboration avec les partenaires du ministère, dont des organisations internationales et des agences des Nations unies. Tout cela s’accompagne de facilités visant à assurer l’acheminement des produits agricoles importés, notamment certains légumes en provenance de pays voisins comme la Syrie et la Jordanie. Nous avons pris une série de mesures de facilitation aux frontières, et les laboratoires fonctionnent 24 heures sur 24, tous les jours de la semaine, afin de faciliter l’entrée de ces produits, que ce soit par voie maritime ou terrestre, et de garantir que les marchés disposent de tout ce dont ils ont besoin », a-t-il encore développé.
« Nous suivons au quotidien la disponibilité des produits dans l’ensemble des marchés libanais. J’appelle les consommateurs à ne pas se ruer sur les denrées alimentaires ni sur les produits agricoles : ils sont disponibles et les importations se déroulent normalement. Nous entrons dans la saison printanière, durant laquelle la production agricole va augmenter, et les serres intensifient leur production jour après jour. Nous espérons atteindre l’autosuffisance d’ici la fin du mois, ce qui permettra d’assurer la disponibilité de tous les produits sur les marchés libanais », a encore affirmé le ministre.
M. Hani a enfin déclaré que le ministère de l’Agriculture, en coordination avec celui de l’Économie, a lancé une enquête auprès des agriculteurs dans les zones touchées afin de recenser leur localisation et leurs besoins. Cela s’inscrit dans le plan de réponse mis en place par le ministère pendant cette guerre.

