Le secrétaire général du Hezbollah Naim Kassem, prononçant son discours le 13 mars 2026. Capture d'écran de la chaine al-Manar
Le secrétaire général du Hezbollah Naïm Kassem a prononcé vendredi soir une allocution à l’occasion de la « journée de Jérusalem », célébrée chaque année par l'axe de la résistance le dernier vendredi du mois du ramadan. Il s'agit du deuxième discours du chef du parti chiite depuis le début de la guerre au Liban, le 2 mars.
Le numéro un du parti chiite est revenu sur la guerre en cours, estimant qu’ « au Liban, nous menons le combat de défense contre l’agression israélo-américaine », qu’il a qualifiée de « menace existentielle dans tous les sens du terme ». « Cette agression ne s’est pas arrêtée pendant 15 mois, mais elle a perdu en intensité durant cette période. Ce n’était cependant pas une situation stable », a-t-il ajouté. Le cheikh Kassem faisait allusion à la période entre le cessez-le-feu du 27 novembre 2024 (qui avait mis fin au front de soutien avec Gaza) et le déclenchement de l’actuelle guerre, au cours de laquelle les assassinats ciblés de responsables du Hezbollah s’étaient poursuivis, sans riposte de la formation pro-iranienne.
« Nous avons souvent dit que cette agression devait être freinée et que notre patience avait des limites. Notre commandement avait envisagé de répondre à trois reprises, mais nous pensions que ce n’était pas le moment et qu’il fallait laisser la place à la diplomatie », a-t-il affirmé.
La décision de l'ouverture du dernier front le 2 mars dernier a été prise, selon lui, « avec le début de l’agression contre l’Iran et l’assassinat de notre imam, alors nous avons décidé de riposter » Il a démenti que la première salve de roquettes lancée par le Hezbollah contre le nord d'Israël ait déclenché cette guerre. « Cette salve n’a servi qu’à démasquer le plan israélien, qui était déjà prêt », a-t-il ajouté. « On nous dit que nous avons provoqué l’ennemi avec cette salve, mais 15 mois d’agressions ne vous ont pas provoqués ? », a-t-il lancé à l'encontre de ses détracteurs. Avant de poursuivre : « Cette opération est une défense du territoire, et pour être clair, il s’agit d’une résistance contre l’ennemi pour le Liban, et non pour quiconque d’autre. »
« On ne peut faire face à Israël que par la résistance, sinon le Liban va disparaître », a martelé Naïm Kassem.
« La diplomatie a échoué »
Pour le chef du Hezbollah, « la diplomatie a échoué au Liban : le gouvernement n’a pu ni protéger la souveraineté ni ses citoyens, et l’ennemi continue de tuer et de détruire de manière sauvage ». « L’ennemi ne tue pas les combattants mais les civils, il veut anéantir la vie ».
Le dirigeant chiite a ensuite demandé au gouvernement « d’arrêter de donner des concessions gratuites, car cela encourage l’ennemi à poursuivre son agression ». « Ne lui donnez pas d’idées, personne ne négocie en révélant ses cartes », a-t-il dit, dans une claire référence à la proposition de négociations directes faite par le président de la République Joseph Aoun, jusque-là rejetée par Israël. « Que le gouvernement hausse le ton pour faire échouer le plan israélien ! », s’est-il écrié.
Assurant que la résistance « ira jusqu’au bout », le chef du Hezbollah a dit s’attendre « à une confrontation longue » et ne pas douter « de la victoire ». Il n’a pas hésité à défier les Israéliens. « Ils n’ont pas les moyens d’atteindre leurs objectifs. Je dis à Israel Katz (le ministre israélien de la Défense) : si tu veux entrer, vas-y, mais tu n’auras pas les moyens de tenir le terrain », a-t-il affirmé. Le ministre israélien avait prévenu plus tôt dans la journée que le Liban paierait « de plus en plus cher le prix de son retard pour désarmer le Hezbollah, avec des pertes territoriales et des dommages à ses infrastructures ».
Naïm Kassem a également répondu aux menaces de mort lancées contre lui par Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. « Je ne crains rien, c’est toi qui devrais avoir peur », lui a-t-il lancé. Interrogé sur l'avenir du nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei et celui de Naïm Kassem, Benjamin Netanyahu avait déclaré jeudi : « Je ne prendrais aucune assurance-vie sur Khamenei et Kassem », sans préciser quelles actions étaient envisagées.
« J’ai entendu que Netanyahu me menace d’assassinat, pensant me faire peur, mais je ne mourrai pas avant mon temps et je ne crains rien ; c’est toi qui devrais avoir peur du sort qui te sera réservé après toutes tes actions », a répliqué Naïm Kassem. Et le chef du parti chiite de conclure : « On ne nous laisse que deux choix : se rendre ou résister. Se rendre signifierait que le rêve du Grand Israël se réalisera, ce que nous ne pouvons accepter. Nous irons jusqu’au bout. Nous ne permettrons pas à l’ennemi d’atteindre son objectif de nous neutraliser et d’occuper le Liban. La solution ? Qu’Israël arrête son agression, se retire du Liban et libère les détenus. »



