Des personnes voyagent entre le Tchad et le Soudan, dans un contexte de conflit entre les Forces de soutien rapide (RSF) paramilitaires et l'armée soudanaise, au poste frontière de Tine, dans l'est du Tchad, le 22 novembre 2025. Photo REUTERS/Amr Abdallah Dalsh
Les Etats-Unis ont annoncé lundi avoir désigné les Frères musulmans au Soudan comme « organisation terroriste étrangère » et accusé l'Iran de soutenir le groupe. La mesure, qui deviendra effective le 16 mars, intervient alors que les Etats-Unis s'en sont pris en janvier à plusieurs branches des Frères musulmans dont en Egypte, au Liban et en Jordanie.
Fondé en 1928 en Egypte, ce mouvement pan-islamiste sunnite a un temps étendu son influence sur tout le monde arabe, mais a connu un recul ces dernières années sous la pression des grandes puissances arabes. En novembre, le président américain Donald Trump avait signé un décret enclenchant ce processus de classification.
Les Frères musulmans soudanais « recourent à une violence effrénée contre les civils afin de saper les efforts visant à résoudre le conflit au Soudan et promouvoir leur idéologie islamiste violente », a affirmé le département d'Etat dans un communiqué. Ils « ont fourni plus de 20.000 combattants à la guerre au Soudan, dont beaucoup ont reçu une formation et d'autres formes de soutien de la part du Corps des Gardiens de la révolution islamique iranienne », a poursuivi le département d'Etat.
Washington a accusé les Frères musulmans soudanais d'avoir « procédé à des exécutions massives de civils dans les zones qu'ils ont conquises ».
La classification comme « organisation terroriste étrangère » permet, outre la pression politique, de prendre une série de mesures financières et administratives: gel des avoirs, interdiction de transactions, interdiction d'entrée sur le territoire américain, etc.
Le Soudan est en proie depuis le 15 avril 2023 à une guerre sanglante entre l'armée du général Abdel Fattah al-Burhane, dirigeant de facto du pays depuis le coup d'Etat de 2021, et les paramilitaires des FSR, du général Mohamed Hamdane Daglo, son ancien adjoint. Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts et déplacé près de 12 millions de personnes. Il a connu une nouvelle accélération avec la prise fin octobre par les FSR d'El-Facher, dernier bastion de l'armée dans le Darfour.
Les Etats-Unis ont récemment pris une série de sanctions contre des commandants des Forces de soutien rapide (FSR).

