Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, au palais de Baabda, le 14 janvier 2026. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a mis en garde vendredi contre une « catastrophe humanitaire » au Liban en raison des déplacements de dizaines de milliers de personnes, qui fuient les bombardements israéliens sur le Liban-Sud, la Békaa et la banlieue sud de Beyrouth. Dans un discours prononcé devant des ambassadeurs, M. Salam a appelé la communauté internationale à faire pression sur Israël pour qu'il épargne les infrastructures civiles du Liban de ses bombardements.
« Notre pays a été entraîné dans une guerre dévastatrice que nous n’avons ni recherchée ni choisie. C’est une guerre qui nous a été imposée », a dénoncé Nawaf Salam, alors que l'escalade au Liban a commencé dans la nuit de dimanche à lundi après des tirs de roquettes du Hezbollah en direction d'Israël, qui a rapidement, et violemment, riposté. L'État hébreu continue de bombarder sans relâche le Sud, la Békaa et la banlieue sud de Beyrouth et a émis des menaces et ordres d'évacuation qui ont forcé des centaines de milliers de personnes à se déplacer, principalement de toute la zone au sud du fleuve Litani et de la banlieue sud.
« La priorité du gouvernement libanais est de mettre fin à cette guerre, et notre devoir est de protéger notre pays et notre peuple », a affirmé le Premier ministre, tandis que « le Liban est entraîné davantage vers l'abîme ». Face à cete situation, et avant que le pays ne plonge dans « davantage de violence et de chaos », il a appelé à « l'unité et au sens des responsabilités », alors que des tensions ont éclaté ces derniers jours en rapport avec l'accueil des déplacés. « Ceux qui ont été contraints de quitter leurs foyers ne sont pas, et ne doivent pas être, tenus responsables des souffrances qui leur sont infligées, ils sont les victimes de la guerre israélienne contre le Liban, mais aussi de ceux qui ont offert un prétexte à l’agression israélienne », a-t-il ajouté, en allusion claire au Hezbollah.
Revenant sur l'appel israélien à évacuer des quartiers entiers de la banlieue sud, le président du Conseil a évoqué une « situation grave ». « Les conséquences de ces déplacements, sur les plans humanitaire et politique, pourraient être sans précédent, une catastrophe humanitaire se profile », a-t-il dit craindre. Avant d'affirmer que son gouvernement ne ménage aucun effort pour atténuer le « fardeau » du déplacement de population et d'appeler les « pays amis » à offrir leur soutien à Beyrouth.
« Nous n’avons pas choisi cette guerre, mais nous resterons fermes dans la défense de l’intégrité de notre pays et de l’unité de son peuple », a-t-il insisté, rappelant la position « sans équivoque » des autorités selon laquelle « les décisions de guerre et de paix doivent relever exclusivement des institutions légitimes de l’État » et les décisions prises en ce sens par son cabinet pour interdire les activités militaires du Hezbollah et « de tous les acteurs non-étatiques, libanais ou étrangers ».
« Dans l’intérêt de tous les Libanais, nous continuerons d’affirmer la souveraineté de l’État sur son territoire et son monopole sur les armes », a-t-il insisté. Il a encore appelé à la solidarité de la communauté internationale, « pour exiger haut et fort qu’Israël mette fin aux attaques militaires et aux déplacements de population. Il est tout aussi crucial que les infrastructures du Liban soient épargnées ».


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