Des ressortissants iraniens arrivent en Turquie après avoir franchi le poste frontière de Razi-Kapikıy à Van, dans le nord-est du pays, le 3 mars 2026, au lendemain de la suspension mutuelle des passages à la frontière entre la Turquie et l'Iran, alors que les frappes israélo-américaines se poursuivaient en République islamique. Photo Ali Ihsan Ozturk / AFP
Un missile balistique tiré depuis l'Iran et qui se dirigeait vers l'espace aérien turc a été détruit par les systèmes de défense de l'OTAN positionnés en Méditerranée orientale, a affirmé mercredi le ministère turc de la Défense, sans préciser la cible du missile. Un responsable turc a estimé par la suite, sous couvert de l'anonymat, que le missile visait Chypre.
« Un missile balistique tiré d'Iran, se dirigeant vers l'espace aérien turc après avoir survolé les espaces aériens irakien et syrien, a été intercepté et neutralisé à temps par les éléments de défense aérienne et antimissile de l'OTAN déployés en Méditerranée orientale. (...) L'incident n'a fait ni victimes ni blessés », a affirmé le ministère turc dans un communiqué publié sur X. « Toutes les mesures nécessaires à la défense de notre territoire et de notre espace aérien seront prises avec fermeté et sans hésitation. Nous vous rappelons que nous nous réservons le droit de répondre à toute action hostile contre notre pays », a ajouté le ministère.
« Comme lors de l'incident de ce matin, nous prenons toutes les précautions nécessaires en étroite concertation avec nos alliés de l'OTAN. (...) Nous effectuons nos avertissements avec la plus grande clarté afin d'éviter que de tels incidents ne se reproduisent », a de son côté réagi le président turc Recep Tayyip Erdogan.
La Turquie a convoqué mercredi soir l'ambassadeur d'Iran pour exprimer sa « préoccupation » après cet incident, a indiqué une source diplomatique turque.
Un débris appartenant à une munition de défense aérienne est tombé dans le district de Dörtyol, dans la province de Hatay, dans le sud-est du pays, a précisé le ministère turc de la Défense.
« Réponse appropriée »
« Toute action hostile recevra la réponse appropriée dans le cadre du droit international. La consultation et la coopération avec l'OTAN et nos alliés se poursuivront tout au long de ce processus », a quant à lui affirmé sur X le directeur des communications de la présidence turque Burhanettin Duran.
Lors d'un appel téléphonique, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a déclaré à son homologue iranien Abbas Araghchi que « toute mesure susceptible d'entraîner une escalade du conflit devait être évitée », selon la diplomatie turque.
Au cours de cet appel, Abbas Araghchi « a souligné que les ripostes défensives de l’Iran contre les agresseurs américano-sionistes visent les bases et les cibles utilisées pour planifier et mener des opérations agressives contre l’Iran, et que cela est tout à fait conforme au droit international », a rapporté l'agence iranienne Tasnim.
La Turquie « n'était pas la cible du missile » qui se dirigeait vers l'espace aérien turc, a de son côté affirmé un responsable turc à l'AFP. « Nous pensons qu'il visait une base militaire » à Chypre, « mais qu'il a dévié de sa course », a-t-il ajouté, après avoir requis l'anonymat.
La Turquie compte sur son territoire plusieurs installations militaires utilisées par les Etats-Unis et d'autres pays de l'OTAN, notamment la base aérienne d'Incirlik, près de la ville d'Adana (sud).
L'OTAN, alliance dont la Turquie est membre, a condamné l'incident. « L'OTAN se tient fermement aux côtés de tous les Alliés, y compris la Turquie, au moment où l'Iran poursuit ses attaques indiscriminées dans toute la région », selon sa porte-parole Allison Hart.
Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a, de son côté, jugé « inacceptables » les « attaques contre le territoire souverain de la Turquie », lors d'un entretien téléphonique avec son homologue turc. Le département d'Etat américain a promis dans un communiqué « le soutien total » des Etats-Unis à leur allié.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait déclaré mardi que son pays déployait d'« intenses » efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre qui secoue le Proche-Orient depuis le début de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.
Les attaques de représailles menées sans discernement par l'Iran contre de nombreux pays du Moyen-Orient constituent une « extrêmement mauvaise stratégie », avait estimé mardi le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan dans une interview télévisée.

