Le siège de la télévision al-Manar bombardé par l'aviation israélienne à Haret Hreik dans la banlieue sud de Beyrouth, le 3 mars 2026. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
Le Syndicat des travailleurs de l’audiovisuel au Liban a condamné mardi les bombardements israéliens survenus dans la nuit et à l’aube dans la banlieue sud de Beyrouth, ayant ciblé à Haret Hreik le siège de la télévision al-Manar, ainsi que dans le quartier Madi, les locaux de la radio al-Nour, deux médias affiliés au Hezbollah.
Dans un communiqué, le syndicat a estimé que « le ciblage des médias vise à faire taire la voix médiatique libanaise et à empêcher toute couverture des violations commises par l’occupation ». Il a dénoncé une « attaque délibérée » qui « porte atteinte à la liberté de la presse et constitue une violation flagrante de toutes les lois et conventions internationales prévoyant la neutralité des institutions médiatiques et la protection de leurs employés en période de conflit ».
Tout en annonçant « sa pleine solidarité avec les collègues journalistes d’al-Manar et d’al-Nour », le syndicat a affirmé que « le ciblage des médias ne conduira pas à faire taire la vérité » et que les journalistes libanais « poursuivront leur mission professionnelle de transmission des faits et de dénonciation des agressions, quelles que soient les pressions ». « Cette agression révèle une nouvelle fois le mépris de l’occupation israélienne pour le droit international et pour les institutions internationales chargées de protéger la liberté de la presse, et soulève de sérieuses interrogations quant au silence de la communauté internationale face aux attaques répétées visant les médias et les institutions civiles au Liban », poursuit le texte.
L’instance médiatique du Hezbollah a quant a elle condamné, dans un communiqué, « l’agression criminelle israélienne contre ses organes qui « représentent le fleuron des médias de la résistance, tant par la voix que par l’image », et a assuré que ces deux médias poursuivront leur diffusion, transmettant « la voix de la résistance ainsi que les images et récits de ses exploits, de la résilience de son peuple et de sa fermeté à travers les ondes ». Tout en se félicitant de « la sécurité de l’ensemble des employés », l’instance a affirmé qu’« aucune agression n’entamera leur détermination ». Elle a estimé que « ce nouveau crime perfide constitue un nouvel épisode de l’agression israélienne systématique qui cible la voix et l’image de la résistance, dans une tentative manifeste d’influer sur le moral de notre peuple dans le cadre d’une guerre psychologique continue et croissante ».
L’État hébreu bombarde intensivement le Liban depuis lundi en représailles à des tirs de roquettes du parti chiite, que ce dernier justifie par la guerre israélo-américaine contre l’Iran. L’armée israélienne a fait savoir mardi que la division 91, rattachée au commandement du nord et responsable du front avec le Liban, opère actuellement au Liban-Sud après son déploiement en plusieurs nouveaux points stratégiques, dans le cadre du renforcement de son dispositif de défense.

