La crise humanitaire menace de s'aggraver de façon « imminente » en Somalie où des millions de personnes risquent d'être exposées à la famine en raison de la sécheresse, a alerté mardi le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
Après deux saisons des pluies consécutives sans précipitations suffisantes, le CICR redoute fortement un retour aux niveaux catastrophiques de famine observés en 2022, selon un communiqué.
Selon l'organisation, « si les pluies tardent encore à venir, seul un renforcement massif de l'aide humanitaire pourra empêcher des millions de personnes de sombrer davantage dans une situation d’urgence alimentaire ».
En Somalie, la population classée comme étant dans une situation « de crise ou pire » a « presque doublé entre début 2025 et février/mars 2026 pour atteindre le chiffre stupéfiant de 6,5 millions de personnes », selon une évaluation publiée le 24 février par le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), un organisme de l'ONU basé à Rome qui mesure la faim et la malnutrition dans le monde.
« Cette aggravation survient dans un contexte de forte diminution des financements humanitaires destinés à la Somalie. De nombreuses organisations sont contraintes de mettre fin à des programmes, réduisant ainsi le soutien apporté aux populations sous forme d'aide alimentaire et d'approvisionnement en eau, de soins médicaux et d'appui aux moyens de subsistance, alors même que les besoins ne cessent d'augmenter », a souligné le CICR mardi.
« La sécheresse expose des millions de Somaliens à un risque de famine », a-t-il insisté.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies a averti le 20 février qu'il devrait cesser son aide humanitaire dans ce pays de la Corne de l'Afrique en proie à des conflits d'ici avril s'il ne recevait pas de nouveaux fonds.
Le CICR explique que l'élevage, affaibli par des chocs climatiques répétés, « est aujourd'hui en voie d’effondrement », alors que plus de 60% de la population dépend de ce secteur pour vivre.
« Les cheptels sont décimés, laissant des familles sans aucune source de revenus ou de nourriture et poussant des milliers de personnes à chercher refuge dans des camps de fortune », a détaillé le CICR.
« Les combats ont provoqué des déplacements. La sécheresse, aussi... Si la pluie n'arrive pas bientôt, la situation deviendra désespérée », selon Mohamed Sheikh, qui supervise les opérations du CICR dans la région de Galmudug.


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