Un avion U-2 décolle de la base aérienne britannique d'Akrotiri, à Chypre, qui a été touchée par un drone sans pilote pendant la nuit, causant des dégâts limités, après que les sirènes aient retenti, à Chypre, le 2 mars 2026. Photo REUTERS/Yiannis Kourtoglou
L'Union européenne devrait discuter prochainement du déclenchement ou non de sa clause de défense mutuelle en cas d'agression, après une attaque de drones ayant touché des bases britanniques à Chypre, un des Etats membres de l'UE, a indiqué lundi une porte-parole.
« Cette question, qui est une question légitime, sera certainement débattue dans les prochains jours lors des différentes réunions prévues », a précisé la porte-parole de la Commission européenne Paula Pihno. « Je ne peux pas me prononcer pour le moment, mais il n'y a pas eu, à ce stade, de discussion sur l'activation de la clause de défense mutuelle », a-t-elle ajouté.
Le traité instituant l'Union européenne prévoit une clause d'assistance mutuelle en cas d'agression contre l'un de ses Etats membres, dans le cadre de son article 42.7. Cette clause dispose que, dans le cas où un État membre ferait l'objet d'une agression armée sur son territoire, les autres États membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir. Elle avait déjà été déclenchée à la demande de la France, après les attentats islamistes du 13 novembre 2015 à Paris.
Une base aérienne britannique à Chypre a été frappée tôt lundi par un drone iranien quelques heures après la décision de Londres d'autoriser Washington à utiliser ses bases militaires contre l'Iran. Deux autres drones se dirigeant vers l'île ont également été interceptés lundi. En raison de ces menaces, Chypre, qui assure actuellement la présidence semestrielle du Conseil de l'UE, a décidé de renvoyer à plus tard la tenue d'une réunion informelle des ministres des Affaires européennes de l'UE qui devait débuter lundi soir.
L'Union européenne est unie aux côtés de ses Etats membres face à « toute menace », a souligné lundi la présidente de la commission européenne Ursula von der Leyen. « Bien que la République de Chypre n'ait pas été visée, je veux être claire: nous sommes collectivement, fermement et sans équivoque aux côtés de nos Etats membres face à toute menace », a-t-elle indiqué sur X après s'être entretenue avec le président chypriote Nikos Christodoulides.


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