Le Premier ministre Nawaf Salam, lors de son entretien avec L’Orient-Le Jour au Grand Sérail, le 14 septembre 2025. Photo L'Orient-Le Jour/Mohammad Yassine
Le Premier ministre Nawaf Salam a souligné jeudi que « l’État doit avoir une seule loi et une seule armée » et appelé à « un minimum de rationalité et de patriotisme », dans une interview télévisée à l’occasion du premier anniversaire de la confiance accordée à son gouvernement par le Parlement et alors que la deuxième phase du plan de l’armée libanaise pour désarmer les milices, notamment le Hezbollah, est lancée.
« Nous cherchons à regagner la confiance des citoyens et devons tous nous rassembler autour de l’État. L’État doit avoir une seule loi et une seule armée », a déclaré M. Salam. « Nous espérons qu’il y aura un minimum de rationalité et de patriotisme. Nous n’avons pas besoin du soutien de l’Iran, et il nous faudra plusieurs années pour nous relever des conséquences de l’aventure de soutien à Gaza… si seulement elle avait soutenu Gaza ! », a-t-il ajouté, en référence à ce que le Hezbollah a appelé un « front de soutien » à Gaza le lendemain de l’attaque sanglante du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2024. Ce front s’est transformé en guerre totale au Liban à l’automne 2024, faisant des milliers de morts et des destructions évaluées à plusieurs milliards de dollars.
Depuis sa nomination, M. Salam s’est rendu à plusieurs reprises au Liban-Sud, la dernière fois le 8 février dernier. Il a réaffirmé l’intention des autorités de réhabiliter les villages détruits par la guerre dévastatrice entre le Hezbollah et Israël, qui continue de bombarder cette région presque quotidiennement malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024. « Notre visite au Sud représente un véritable retour de l’État dans la région. Nous travaillerons à assurer les conditions de vie pour ses habitants. L’État est revenu pour rester et je le visiterai de nouveau », a-t-il déclaré.
Concernant le soutien des États-Unis à l’armée libanaise, M. Salam a assuré qu’« il n’y a pas de relâchement américain ». « Depuis deux mois, les États-Unis ont alloué 180 millions de dollars à l’armée et 40 millions aux Forces de sécurité intérieure (FSI). Cela témoigne de leur confiance dans l’armée libanaise et de leur soutien à son rôle », a-t-il ajouté. L’armée reste au centre de l’attention, tant sur la scène nationale qu’internationale, à l’approche de la conférence de soutien à l’armée libanaise et aux FSI, prévue le 5 mars à Paris.
Le 16 février, le commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, a présenté au Conseil des ministres sa vision pour l’application de la seconde phase du plan de désarmement des milices, notamment du Hezbollah. Avec l’approbation du gouvernement, il s'est accordé un délai de quatre à huit mois pour compléter cette étape, qui concerne la région située entre les fleuves Litani et Awali. En fixant un délai, l’armée a voulu montrer sa détermination à aller de l’avant dans ce chantier face aux pressions internationales, particulièrement des États-Unis et d’Israël. Mais la formule finalement adoptée semble également avoir été conçue pour éviter une crise interne, à l’heure où le Hezbollah estime que l’accord de novembre 2024 ne prévoit son désarmement qu’au sud du fleuve Litani et appelle le gouvernement à « renoncer au monopole des armes ».

