L'acteur libanais Asaad Rachdane. Capture d'écran lors de son interview accordée à la plateforme Elsiyasa Plus partagée sur Youtube
L’acteur libanais Assaad Rachdane a comparu jeudi devant la police criminelle à la suite de deux plaintes l’accusant d’avoir dépassé les limites de l’expression politique et tenu des propos assimilés à une forme de « promotion de l’ennemi israélien ». Il a été remis en liberté sous caution à l’issue de son interrogatoire.
Selon une source proche de l’acteur contactée par L’Orient-Le Jour, l’audition « s’est déroulée dans un climat calme ». Les deux plaintes ont été examinées avant que M. Rachdane ne soit relâché sous caution d'élection de domicile.
La première plainte a été déposée par le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), le député Gebran Bassil, qui l’accuse notamment d’avoir dépassé les limites de l’expression politique, et fait suite à une publication de l’acteur sur le réseau social X dans laquelle il traite M. Bassil de « méprisable ». Selon la même source, la police criminelle aurait demandé à M. Rachdane de modifier son message.
La seconde plainte avait été présentée par un avocat proche du Hezbollah concernant des propos tenus par l’acteur lors d’une interview accordée il y a deux semaines à la plateforme en ligne Elsiyasa Plus. Interrogé sur la mort d’un enfant tué lors d’une attaque israélienne au Liban-Sud, l’acteur avait déclaré que « des enfants ont également été tués en Israël », en référence à l’attaque sanglante du 7 octobre 2023 par le mouvement islamiste Hamas. Il avait ajouté qu’Israël était « un État qui sait protéger ses frontières » et affirmé que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu n’était « pas un terroriste ». Ses déclarations ont été assimilées par le plaignant à une forme de « promotion ou de justification de l’ennemi israélien ». M. Rachdane devrait publier prochainement un communiqué explicatif afin de clarifier ses propos, qu’il affirme avoir été mal interprétés, selon la même source.
Mercredi, à la suite de la convocation de l'acteur, le service des médias du parti des Forces libanaises (FL) avait dénoncé son audition, estimant qu’elle intervenait « en raison de positions politiques exprimant un cri de douleur pour défendre un pays et un peuple transformés par 'l’axe de la résistance' en une scène de mort, de chaos, de destruction et de déplacement ». Le parti a souligné que M. Rachdane était « un citoyen libre attaché à la liberté garantie par la Constitution », ajoutant que « ceux qui devraient être convoqués sont plutôt ceux qui ont confisqué la décision de l’État et exercé diverses formes d’intimidation contre les Libanais ».

