Le président américain Donald Trump s’exprime lors d’une conférence de presse dans la salle de briefing Brady de la Maison-Blanche, à Washington (DC), le 20 février 2026. Photo Mandel Ngan/AFP
Un responsable du gouvernement américain a accusé lundi à Genève la Chine d'avoir « considérablement renforcé » son arsenal nucléaire, réaffirmant que Pékin menait des essais secrets.
« Malgré ses dénégations, la Chine a délibérément et sans contrainte développé massivement son arsenal nucléaire, sans transparence ni indication quant à ses intentions ou à ses objectifs », a accusé Christopher Yeaw, secrétaire d'État adjoint au contrôle des armements et à la non-prolifération, devant la Conférence du désarmement à Genève.
En réponse, l'ambassadeur chinois chargé du désarmement à Genève Shen Jian a « catégoriquement rejeté ces accusations infondées », fustigeant « la distorsion et la diffamation constantes de certains pays au sujet de sa politique nucléaire ». Selon Washington, l'expiration au début du mois du traité New Start – le dernier traité entre les deux principales puissances nucléaires, États-Unis et Russie – offre la possibilité de parvenir à un « meilleur accord », incluant Pékin.
Selon M. Yeaw, le traité New Start présentait probablement comme « principal défaut » de ne pas prendre « en compte le renforcement sans précédent, délibéré, rapide et opaque de l'arsenal nucléaire chinois ». « Nous pensons que la Chine pourrait atteindre la parité nucléaire d'ici quatre ou cinq ans », a-t-il ajouté, sans donner plus de précisions.
Selon la coalition d'ONG ICAN (Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires), prix Nobel de la paix, la Russie et les États-Unis possèdent chacun plus de 5.000 armes nucléaires. Mais le traité New Start, qui a expiré le 5 février, limitait les deux pays à 1.550 ogives nucléaires déployées chacun – un seuil que la Chine approche rapidement selon Washington.
« parité nucléaire »
« Pékin est en passe de disposer des matières fissiles nécessaires à la fabrication de plus de 1.000 ogives nucléaires d'ici à 2030 », a déclaré M. Yeaw, renouvelant les accusations de Washington au sujet d'essais nucléaires cachés, notamment en juin 2020, et de la préparation d'autres explosions de puissances supérieures.
« Nous pensons que la Chine pourrait atteindre la parité nucléaire d'ici quatre ou cinq ans », a-t-il ajouté, sans toutefois donner plus de précisions. De son côté, Shen Jian a assuré que « l'arsenal nucléaire chinois n'est pas comparable à celui des pays possédant les plus importants arsenaux nucléaires ».
« Il n'est ni juste, ni raisonnable, ni réaliste d'attendre de la Chine qu'elle participe aux prétendues négociations trilatérales », a-t-il ajouté, estimant par ailleurs « sans fondement » les accusations concernant les essais chinois.
Mais des discussions sont en cours, a déclaré un haut responsable du département d'État américain, sous couvert d'anonymat. Une réunion préparatoire s'est tenue avec une délégation chinoise à Washington le lendemain de l'expiration du traité New START, et une réunion plus substantielle était prévue à Genève mardi, a-t-il précisé aux journalistes.
L'expiration du traité New Start a marqué la fin de décennies de limitation contraignante des armes les plus destructrices de la planète, faisant craindre une nouvelle course aux armements.
M. Yeaw s'est félicité de la caducité du traité, insistant sur le fait que « ses limites numériques concernant les ogives et les lanceurs n'étaient plus pertinentes », compte tenu de violations présumées du traité par la Russie. L'expiration du traité permet selon lui au président américain Donald Trump de progresser vers son « objectif ultime : un meilleur accord ».

