L'éminent avocat tunisien Ahmed Souab à sa sortie de prison, devant le quartier général de la Garde nationale à Tebourba, le 23 février 2026. Photo FETHI BELAID / AFP
L'ancien magistrat tunisien Ahmed Souab, figure respectée du barreau dont la santé s'est dégradée en détention selon sa famille, a été libéré lundi après avoir vu sa peine de cinq ans de prison réduite à 10 mois en appel.
Visiblement ému, M. Souab, qui vient d'avoir 69 ans, a été accueilli à sa sortie par ses proches au milieu de cris de joie et de youyous, selon deux journalistes de l'AFP sur place.
L'avocat ne s'est pas exprimé mais a fait le V de la victoire.
Incarcéré à la prison de Mornaguia près de Tunis, il a retrouvé la liberté après s'être rendu au poste de la Garde nationale à Tebourba, à une trentaine de km à l'ouest de la capitale, pour des raisons administratives selon son frère.
Plus tôt, son équipe de défense avait annoncé à l'AFP qu'il allait être libéré. « Il a été condamné (lundi) à 10 mois de prison en appel, une peine qu'il a déjà purgée, et sera libéré aujourd'hui », avait affirmé son avocate Hend Turki.
L'ancien magistrat, très connu en Tunisie, avait été condamné fin octobre à cinq ans de prison après un procès tenu en moins de dix minutes.
Il faisait face à une dizaine de chefs d'accusation liés à la législation antiterroriste ou au décret présidentiel 54 sur les fausses informations.
Il avait été arrêté le 21 avril 2025 après avoir critiqué, lors d'un rassemblement devant le tribunal de première instance de Tunis, les conditions du procès mené contre une quarantaine de personnalités pour « complot contre la sûreté de l'Etat », et dont il était l'un des principaux avocats de la défense.
Il avait accusé le pouvoir d'avoir mis le « couteau sous la gorge du juge devant émettre le verdict », en mimant un geste d'égorgement.
Samedi, son fils Saeb Souab avait rapporté que l'état de santé de son père s'était détérioré au point qu'il avait « craché du sang ».
Dix jours auparavant, la justice avait rejeté une demande de libération provisoire pour raisons de santé.
La rapporteuse de l'ONU en charge des défenseurs des droits, Mary Lawlor, avait auparavant appelé à « libérer immédiatement » Ahmed Souab, estimant sur Facebook qu'il était incarcéré « sur la base d'accusations infondées ».
Depuis le coup de force du président Kais Saied à l'été 2021, des ONG tunisiennes et étrangères déplorent une régression des droits et libertés dans le pays.


« Plainte » contre l'Iran : pourquoi les Affaires étrangères ont dû mettre de l'eau dans leur vin