Cette image satellite fournie par Vantor, publiée le 10 février 2026, montre le site de l’installation nucléaire iranienne d’Isfahan tel qu’il apparaissait le 11 novembre 2024. Photo AFP/ IMAGE SATELLITE 2026 VANTOR
Des images satellites montrent que l’Iran a récemment construit une protection en béton au-dessus d’une nouvelle installation située sur un site militaire sensible, avant de la recouvrir de terre, selon plusieurs experts. Ces travaux s’inscrivent dans la poursuite d’activités sur un site qui aurait été bombardé par Israël en 2024, sur fond de tensions persistantes avec les États-Unis.
Les clichés révèlent également que la République islamique a enseveli des entrées de tunnels sur un site nucléaire visé par des frappes américaines lors de la guerre de douze jours menée par Israël contre l’Iran en juin 2025. Parallèlement, les autorités iraniennes auraient renforcé des accès souterrains près d’un autre site et entrepris des réparations sur des bases de missiles touchées durant le conflit.
Ces images offrent un aperçu rare des activités sur certains des sites au cœur des tensions entre l’Iran, Israël et les États-Unis, alors que Washington tente de négocier un accord avec Téhéran sur son programme nucléaire, tout en brandissant la menace d’une action militaire en cas d’échec des pourparlers.
Complexe militaire de Parchin
Situé à environ 30 km au sud-est de Téhéran, le complexe de Parchin figure parmi les sites militaires les plus sensibles du pays. Les services de renseignement occidentaux estiment que Téhéran y aurait mené, il y a plus de vingt ans, des essais liés à des détonations nucléaires. L’Iran a toujours nié chercher à se doter de l’arme atomique.
Israël aurait frappé le site en octobre 2024. Des images satellites prises avant et après l’attaque montrent d’importants dégâts sur un bâtiment rectangulaire, ainsi qu’une reconstruction apparente sur des clichés datés du 6 novembre 2024. Des images du 12 octobre 2025 révèlent de nouveaux aménagements : la structure d’un bâtiment principal est visible, flanquée de deux constructions plus petites. Le 14 novembre, un toit métallique semble recouvrir la grande structure.
Mais des images du 13 décembre montrent l’installation partiellement recouverte. Le 16 février, elle n’est plus visible, dissimulée, selon les experts, sous une structure en béton.
Dans une analyse publiée le 22 janvier, l’Institute for Science and International Security (ISIS) évoque la construction d’un « sarcophage de béton » autour d’une installation récemment édifiée sur le site, identifiée comme Taleghan 2. En novembre 2025, l’institut indiquait que les images révélaient « des travaux en cours et ce qui semble être une longue chambre cylindrique, peut-être un réservoir de confinement pour explosifs de forte puissance, d’environ 36 mètres de long et 12 mètres de diamètre, placée à l’intérieur d’un bâtiment ». « Les conteneurs de confinement d’explosifs puissants sont essentiels au développement d’armes nucléaires », précise ISIS, tout en soulignant qu’ils peuvent aussi être utilisés dans des programmes d’armement conventionnel.
William Goodhind, analyste en imagerie judiciaire chez Contested Ground, estime que la teinte du toit se confond avec celle du terrain environnant. « Il a très probablement été recouvert de terre afin de masquer la couleur du béton », explique-t-il.
David Albright, fondateur d’ISIS, a écrit sur X : « Faire traîner les négociations comporte ses avantages : ces deux à trois dernières semaines, l’Iran a été occupé à enterrer la nouvelle installation Taleghan 2… Davantage de terre est disponible et l’installation pourrait bientôt devenir totalement méconnaissable, offrant ainsi une protection significative contre les frappes aériennes. »
Entrées de tunnels enfouies au complexe nucléaire d'Isfahan
Le complexe d’Ispahan est l’une des trois installations iraniennes d’enrichissement d’uranium bombardées par les États-Unis en juin dernier. Outre les infrastructures liées au cycle du combustible nucléaire, le site comprend une zone souterraine où, selon des diplomates, une grande partie de l’uranium enrichi de l’Iran aurait été stockée.
Des images satellites prises fin janvier montrent que deux entrées de tunnels ont été récemment ensevelies, rapporte ISIS le 29 janvier. Dans une mise à jour du 9 février, l’institut indique qu’une troisième entrée a également été rebouchée, ce qui signifie que toutes les entrées du complexe de tunnels sont désormais « complètement enfouies ». Une image du 10 février montre les trois tunnels enterrés, selon William Goodhind. ISIS a précisé le 9 février que « le remblayage des entrées de tunnels contribuerait à atténuer l’impact de toute frappe aérienne potentielle et rendrait également difficile l’accès au sol lors d’un raid de forces spéciales visant à saisir ou détruire tout uranium hautement enrichi susceptible d’y être entreposé. »
Base de missiles de Shiraz
Selon ISIS, des images satellites indiquaient des efforts en cours depuis le 10 février pour « durcir et renforcer défensivement » deux entrées d’un complexe de tunnels situé sous une montagne à environ 2 km de Natanz, qui abrite les deux autres usines d’enrichissement de l’uranium de l’Iran.
Les images montrent « une activité continue dans l’ensemble du complexe liée à ces efforts, impliquant le déplacement de nombreux véhicules, dont des camions-bennes, des bétonnières et d’autres engins lourds », a écrit ISIS. Les projets iraniens pour cette installation, appelée Pickaxe Mountain, restent flous, selon ISIS.
Située à environ 10 km au sud de Shiraz, cette base figure parmi les 25 principales installations iraniennes capables de lancer des missiles balistiques de moyenne portée, selon l’Alma Research and Education Center, un organisme israélien. Celui-ci estime que le site a subi des dégâts légers en surface lors du conflit de l’an dernier.
La comparaison d’images prises le 3 juillet 2025 et le 30 janvier montre des travaux de reconstruction et de déblaiement dans le principal complexe logistique et probablement de commandement de la base, indique William Goodhind. « Le principal constat est que le complexe n’a pas encore retrouvé sa pleine capacité opérationnelle d’avant les frappes aériennes. »
À environ 40 km au nord de Qom, cette base aurait subi des dégâts modérés en surface, selon Alma.
Une comparaison d’images prises entre le 16 juillet 2025 et le 1er février 2026 montre l’installation d’un nouveau toit sur un bâtiment endommagé. Les réparations du toit semblent avoir commencé le 17 novembre et avoir été très probablement achevées dix jours plus tard, a indiqué William Goodhind.
Cette information est une traduction d'une dépêche de l'agence Reuters, initialement publiée en anglais.





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