Des Palestiniens protestent contre la baisse du budget de l'Unrwa, le 17 février 2026. Photo Ani
Des Palestiniens ont organisé mardi un nouveau sit-in à Beyrouth devant le siège de l'Unrwa, pour dénoncer la décision annoncée à la mi-janvier de réduire les activités de l'agence onusienne dans ses zones d’intervention à partir du 1er février.
L’appel à la mobilisation a été lancé par la Commission de défense des droits des réfugiés palestiniens au Liban, des réfugiés palestiniens déplacés de Syrie et le Mouvement palestinien indépendant. Les participants ont dénoncé la décision de l’agence de réduire les services sanitaires, éducatifs et sociaux fournis aux réfugiés palestiniens, et fustigé son refus de répondre aux revendications des enseignants et des employés.
Prenant la parole au nom de la Commission de défense des droits des réfugiés palestiniens et du Mouvement palestinien indépendant, Jihad Mouawad a tenu l'Unrwa pour « pleinement responsable des conséquences catastrophiques » de la réduction de ses services sur la communauté palestinienne, « en particulier les réfugiés palestiniens venus de Syrie ». Il a accusé la directrice au Liban de l'agence, Dorothee Klaus, de « planifier jour et nuit des programmes contraires aux intérêts des réfugiés palestiniens », mettant en garde contre une « liquidation de l'Unrwa » et « une menace pour le droit au retour ».
La décision de l’Unrwa devrait avoir un impact de taille sur les employés de l'agence au Liban, dont beaucoup sont Palestiniens, avec pour conséquence une réduction des salaires et des heures de travail. Ces mesures devraient également se traduire, entres autres, au niveau de l'éducation des écoliers palestiniens par un passage à quatre jours de cours au lieu de cinq, selon des informations collectées auprès de responsables palestiniens locaux.
Hassan el-Sayyed, un employé licencié de l'Unrwa, a ainsi dénoncé « le mauvais comportement de l’agence à l’égard de l’identité nationale palestinienne ». Il a mis en garde contre « les dangers de la réduction des salaires et du temps de travail des enseignants pour le processus éducatif », alertant sur « l’impact de ces décisions sur le niveau scolaire des élèves et, plus largement, sur l’avenir de la communauté des réfugiés ». Le sit-in a en outre été marqué par une tentative d’une manifestante de s'immoler par le feu, en raison des pressions étouffantes qu’elle affirme subir à la suite des coupes jugées injustes dans les services de l’Unrwa. Des portraits de Dorothy Klaus et Philippe Lazzarini, à la tête de l'agence l'agence onusienne ont également été brûlées.
Des habitants du camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Héloué avaient organisé le 20 janvier un sit-in devant le siège de l’Unrwa à Saïda, au Liban-Sud, à l’appel du Mouvement palestinien indépendant, pour protester contre la réduction des services de l’Unrwa et dénoncer « les mesures arbitraires à l’encontre de plusieurs employés palestiniens » de l'agence.


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