Funérailles à Bebnine, dans le Akkar, de deux combattants de la Jamaa islamiya, tués lors d’une attaque israélienne dans la Békaa-Ouest en avril 2024. Photo Michel Hallak / L’Orient-Le Jour
Quatre jours après l’enlèvement de l’un de ses responsables par l’armée israélienne au Liban-Sud, la Jamaa Islamiya a estimé vendredi que le timing du rapt constituait un « message de défi adressé à l’ensemble de l’État libanais », selon plusieurs médias. L’opération a eu lieu au lendemain de la visite du Premier ministre Nawaf Salam dans la région.
Dans un communiqué, la Jamaa a salué la visite de Nawaf Salam, la qualifiant d’« étape importante » et de « signe d’espoir ». Elle a estimé que l’enlèvement de Atoui Atoui, survenu dimanche dernier dans le village de Hebbariyé, dans le secteur-est de la frontière sud du Liban, visait à montrer que l’ennemi « détient l’initiative » et envoyait un « message de défi à l’ensemble de l’État libanais ».
La branche libanaise des Frères musulmans a appelé « l’État à assumer ses responsabilités en œuvrant à la libération de tous les détenus libanais dans les prisons de l’ennemi » et réaffirmé « son engagement en faveur des décisions émanant de ses institutions officielles, en particulier son attachement à l’accord de cessez-le-feu ». Elle a appelé également l’État à « assumer son rôle dans la protection des citoyens pacifiques du Sud » et à « garantir leur sécurité et leur stabilité dans leurs villages et leurs foyers ». L’armée israélienne, rappelle-t-on, poursuit ses attaques dans les zones frontalières de cette région malgré le cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre 2024 qui avait mis fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah.
Pour rappel, la Jamaa – qui a été classée terroriste et sanctionnée par les Américains le mois dernier – s’est rapprochée de « l’axe de la résistance » et du Hezbollah après l’opération du 7 octobre 2023 menée par le Hamas contre Israël. Dans le cadre du « front de soutien », la Jamaa avait réactivé sa branche militaire, les « Forces de l’aube », et mené des opérations symboliques aux côtés du Hezbollah.
Le mouvement a également défendu Atoui Atoui, ancien président de la municipalité de Hebbariyé, soulignant son « long engagement dans l’action publique » et son rôle d’aide aux habitants durant la dernière guerre, qualifiant toute accusation israélienne à son encontre de « mensonge et de pure calomnie ».
Enfin, réagissant aux déclarations de l’armée israélienne qui affirmait mardi avoir détruit la semaine dernière « un dépôt d’armes appartenant à la Jamaa Islamiya dans la localité syrienne de Beit Jinn, le mouvement a démenti toute activité en dehors du Liban, assurant opérer « exclusivement à l’intérieur des frontières libanaises dans le respect des lois en vigueur au Liban », et dénoncé des accusations « mensongères ».


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