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Atrocités au Soudan: il aurait été possible d'éviter la « catastrophe » d'El-Facher


Une femme soudanaise déplacée transporte des jerricans d’eau au camp de déplacés d’Abou al-Naga, dans l’État de Gedaref, à environ 420 km à l’est de la capitale Khartoum, le 6 février 2026. AFP

Les atrocités commises lors de la prise d'El-Facher au Soudan sont une « catastrophe » qu'il aurait été possible d'éviter, a assuré lundi le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits humains, affirmant craindre que les choses se répètent dans le Kordofan.

« Mon bureau a tiré la sonnette d'alarme sur le risque d'atrocités de masse dans la ville assiégée d'El-Facher pendant plus d'un an », a déclaré Volker Türk, devant le Conseil des droits humains de l'ONU à Genève. « Nous avions auparavant documenté à plusieurs reprises des schémas de telles atrocités, notamment lors de l'offensive des FSR pour s'emparer du camp de Zamzam (...) La menace était évidente, mais nos avertissements ont été ignorés », a-t-il ajouté.

La prise d'El-Facher par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) a été marquée, selon de nombreux rapports, par des massacres, viols et enlèvements. « La responsabilité de ces atrocités incombe entièrement aux FSR, à leurs alliés et à ceux qui les soutiennent », mais « la communauté internationale doit faire mieux », a affirmé M. Türk. « Si nous restons les bras croisés, à nous lamenter tandis que les armées et des groupes armés commettent des crimes internationaux (...), nous ne pouvons que nous attendre à pire », a-t-il assuré.

Les deux belligérants sont accusés d'exactions dans le conflit au Soudan. Depuis avril 2023, la guerre entre l'armée régulière et les FSR a plongé plus de 21 millions de personnes dans l'insécurité alimentaire à travers le Soudan.

« Je suis extrêmement préoccupé par la possibilité que ces violations et exactions se reproduisent dans la région du Kordofan. Les combats s'y sont intensifiés depuis la prise d'El-Facher », a indiqué M. Türk.

Depuis la prise d'El-Facher, dernier bastion de l'armée dans la vaste région voisine du Darfour (ouest du pays), les paramilitaires ont recentré leurs opérations sur le Kordofan, zone stratégique qui fait la jonction entre celles tenues par l'armée dans le nord, l'est et le centre, et le Darfour. Ces deux dernières semaines, l'armée soudanaise et ses alliés ont brisé les sièges de Kadougli et de Dilling, mais « les frappes de drones des deux camps se poursuivent, faisant des dizaines de morts et de blessés parmi les civils », a indiqué M. Türk.

« Sur une période d'un peu plus de deux semaines, jusqu'au 6 février, selon la documentation de mon bureau, quelque 90 civils ont été tués et 142 blessés lors de frappes de drones menées par les FSR et les FAS (Forces armées soudanaises) », a-t-il détaillé. Il a ajouté que les civils sont en outre exposés à des risques d'exécutions sommaires, de violences sexuelles, de détentions arbitraires et de séparation familiale.

Les atrocités commises lors de la prise d'El-Facher au Soudan sont une « catastrophe » qu'il aurait été possible d'éviter, a assuré lundi le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits humains, affirmant craindre que les choses se répètent dans le Kordofan.« Mon bureau a tiré la sonnette d'alarme sur le risque d'atrocités de masse dans la ville assiégée d'El-Facher pendant plus d'un an », a déclaré Volker Türk, devant le Conseil des droits humains de l'ONU à Genève. « Nous avions auparavant documenté à plusieurs reprises des schémas de telles atrocités, notamment lors de l'offensive des FSR pour s'emparer du camp de Zamzam (...) La menace était évidente, mais nos avertissements ont été ignorés », a-t-il ajouté.La prise d'El-Facher par les paramilitaires des Forces...