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Aoun, Salam et Berry réunis pour la fête de Saint-Maron

Le chef de l'Etat a estimé au sujet des « tragédies répétées à Tripoli », que « les autorités concernées auraient dû prendre les mesures préventives nécessaires pour éviter ces drames ».

Aoun, Salam et Berry réunis pour la fête de Saint-Maron

Le patriarche maronite Béchara Raï lors de la messe célébrant la Saint Maron, à la cathédrale Saint-Georges à Beyrouth, le 9 février 2026. Photo prise du compte X de la présidence libanaise

Le patriarche maronite Béchara Raï a célébré lundi la messe à l'occasion de la fête de Saint Maron, à la cathédrale Saint-Georges dans le centre-ville de Beyrouth, en présence du chef de l'Etat Joseph Aoun, du Premier ministre Nawaf Salam et du président du Parlement Nabih Berry, entre autres.

Devant un parterre de responsables politiques, le patriarche Raï a prié pour l’instauration du monopole des armes aux mains de l’État, l’application du cessez-le-feu et de la résolution 1701 et le retrait d’Israël du sud du Liban, ainsi que l’établissement de la pleine souveraineté de l’État libanais sur l’ensemble de son territoire, le renforcement de l’armée dans la mise en œuvre de son plan de désarmement, ou encore le lancement du processus de reconstruction et la réalisation des réformes.

Avant de se rendre sur les lieux, Joseph Aoun a exprimé, depuis le palais de Baabda, l’espoir que cette fête devienne « une journée nationale d’unité, à travers laquelle les maronites et l’ensemble des Libanais renoueraient avec les valeurs du Liban, patrie du message et des messages, terre des saints et des justes et refuge des hommes libres, à l’image de ceux qui ont défendu ce pays, la foi et la liberté ». Le président a également souhaité qu’« après tous les sacrifices, nous puissions voir advenir le pays libre auquel nous aspirons, une souveraineté pleinement réalisée et un État juste et équilibré, capable d’accorder à la jeune génération les droits qui sont les siens en matière de réussite et de rayonnement sur le Liban ».

Il a en outre exprimé le vœu que cette fête soit célébrée à l’avenir « alors que la plaie béante du Sud se sera refermée, que la stabilité y sera rétablie et que les habitants du Sud auront regagné leurs villages et localités, et que les souffrances et les drames des Libanais auront pris fin ». Il a notamment évoqué « les tragédies répétées à Tripoli, dues à l’effondrement d’immeubles vétustes », estimant que « les autorités concernées auraient dû prendre les mesures préventives nécessaires pour éviter ces drames et la mort d’innocents, parmi lesquels des enfants qui nous sont chers ». Le chef de l’État a affirmé sa solidarité avec les familles des victimes « dans cette douloureuse épreuve », au lendemain de l'effondrement d'un immeuble dans le quartier de Bab el-Tebbané à Tripoli, ayant fait au moins 14 morts, selon un dernier bilan.

Le ministre de l’Information, Paul Morcos, a pour sa part déclaré « qu’en cette occasion, nous nous souvenons des victimes de la catastrophe qui a frappé la ville de Tripoli dimanche, prions pour le rétablissement des blessés et exprimons notre solidarité avec eux ».

Messe célébrée à la cathédrale Saint-Georges

Cette commémoration religieuse, inscrite dans le calendrier national est célébrée chaque année à l’occasion de la Saint-Maron. Depuis 2024, la liturgie a lieu à la cathédrale Saint-Georges, qui dispose d'une plus grande capacité d'accueil, en présence des plus hauts responsables de l’État, notamment le président de la République, le Premier ministre et le président du Parlement, ainsi que de nombreuses figures politiques. Auparavant, la célébration se tenait traditionnellement à l’église Saint-Maron de Gemmayzé. La messe est désormais présidée par le patriarche maronite, et non plus par l’archevêque maronite de Beyrouth.

Saint Maron est un prêtre anachorète - c’est-à-dire retiré du monde - syriaque ayant vécu entre le IVe et le Ve siècle dans la région aujourd'hui turque d’Antioche, tout près de la frontière syrienne. Il choisit de vivre en moine-prêtre sur le mont Nabo en Syrie et y a vécu en plein air, résistant aux aléas des saisons. Saint Maron transforma un temple païen en église et prêcha l’Évangile à tous ceux qui venaient le consulter pour leur salut et leur santé. Affranchi de la vie mondaine, il menait une existence faite de prière, de méditation et de pénitence. Inspiré par le Saint-Esprit, il s’adonnait à la lecture de la vie des saints et à l’imitation du Christ. Sa vie d’austérité et de sacrifice, couplée à son charisme, le rendit rapidement célèbre dans toute la région. Les foules affluèrent vers son lieu de solitude : hommes et femmes venaient solliciter sa prière ou partager sa discipline spirituelle.

Le théologien Théodoret de Cyr, narrateur de sa vie, évoque la « philosophie » propre de Saint Maron, une sagesse puissante et irréversible qui guérit les corps et les âmes et offre à chacun une orientation et un sens profond à son existence. Il le décrit comme celui qui a « semé le jardin de Dieu de multiples fleurs », un jardin « multicolore », en référence à la diversité de ses disciples, chacun se distinguant par une originalité dans sa vie érémitique. À chaque fois qu’il rencontrait un moine singulier, Théodoret découvrait qu’il était un disciple de Maroun.

Le patriarche maronite Béchara Raï a célébré lundi la messe à l'occasion de la fête de Saint Maron, à la cathédrale Saint-Georges dans le centre-ville de Beyrouth, en présence du chef de l'Etat Joseph Aoun, du Premier ministre Nawaf Salam et du président du Parlement Nabih Berry, entre autres.Devant un parterre de responsables politiques, le patriarche Raï a prié pour l’instauration du monopole des armes aux mains de l’État, l’application du cessez-le-feu et de la résolution 1701 et le retrait d’Israël du sud du Liban, ainsi que l’établissement de la pleine souveraineté de l’État libanais sur l’ensemble de son territoire, le renforcement de l’armée dans la mise en œuvre de son plan de désarmement, ou encore le lancement du processus de reconstruction et la réalisation des réformes.Avant de...