Une électrice vote lors des législatives de 2022. Photo Anwar Amro/AFP
Dix-neuf groupes de la diaspora libanaise ont adressé vendredi une lettre au président de la République, Joseph Aoun, pour demander une modification de la loi électorale concernant le vote des Libanais résidant à l’étranger, alors que le scrutin est officiellement fixé au 10 mai pour les Libanais résidents, et une semaine avant pour les expatriés - au nombre de 152 000 inscrits sur les listes électorales.
Dans leur courrier, les signataires réclament la suppression des six sièges réservés aux expatriés, qualifiés de « formule hybride limitant le droit à une représentation égalitaire et créant une circonscription isolée ». Ils demandent également à ce que ce dossier soit inscrit rapidement à l’ordre du jour du Parlement et attendent du chef de l'Etat qu'il adresse « un message au Parlement pour soutenir le droit des Libanais non-résidents à un vote juste et complet, sur un pied d’égalité avec les résidents ».
Les groupes rappellent qu’une proposition de loi parlementaire et un projet de loi gouvernemental existent depuis mai 2025 pour abroger cette règle et assurer une représentation équitable. « Malgré cela, le dossier n’a pas été inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée générale, alors que les échéances électorales approchent et que l’enregistrement des électeurs résidant à l’étranger et la publication des listes sont déjà en cours », dénoncent-ils, appelant le président Aoun à intervenir.
Parmi les signataires figurent notamment Kulluna Irada, Meghterbine Moujtamaain, Sawti, le Mouvement de la diaspora libanaise et le Collectif libanais de France. Les groupes soulignent que le soutien du président est essentiel pour renforcer la confiance des Libanais de l’étranger dans les institutions nationales et garantir un vote équitable.
Cette demande survient dans un contexte de tension au sein de la Chambre des députés. Conduits par les Forces libanaises (FL), les partis favorables à un amendement de la loi électorale plaident pour que les expatriés puissent voter pour l’ensemble des 128 députés, comme lors des deux précédents scrutins, et non seulement pour six sièges supplémentaires réservés à la diaspora, comme le prévoit la loi électorale de 2017. Catégorique sur sa volonté de maintenir les élections législatives en mai prochain selon la loi actuelle, le président du Parlement, Nabih Berry, a annoncé vendredi avoir « renoncé » à l’idée d’un report technique et a tenu à se dédouaner de toute intention de proroger le mandat des députés. « Les élections législatives se tiendront à la date prévue, en mai prochain, et conformément à la loi électorale », a-t-il affirmé, ajoutant : « Je ne convoquerai aucune séance pour modifier la législation en vigueur. »


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